Les petites et les grandes histoires du Ring de Bruxelles (vidéos)

La fin du chantier de l'échangeur de Grand-Bigard, sur le ring.
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La fin du chantier de l'échangeur de Grand-Bigard, sur le ring. - © RTBF

La vitesse sur le ring de Bruxelles passera de 120 à 100 km/h. C'est l'objectif que s'est fixé le gouvernement flamand dans le cadre de son plan Energie-Climat 2021-2030. La Région bruxelloise qui gère une portion du ring de 5,5 kilomètres emboîtera le pas à la Flandre. Le ring, un nœud de circulation important autour de la Région bruxelloise drainant plusieurs dizaines de milliers de véhicules par jour. Mais quelle est l'histoire du ring et quels sont ses secrets? Voici le ring de Bruxelles, ses grandes et ses petites anecdotes.

  • A quand remonte la création du ring de Bruxelles?

L'idée de la création du ring a germé après la seconde guerre mondiale. Pour faire circuler les voitures autour de Bruxelles, il n'y avait jusqu'alors que la Petite Ceinture et la Grande ceinture (les boulevards militaires). Les premiers plans du futur ring sont dessinés en 1952. Mais la perspective de l'Exposition universelle de 1958 accélère d'abord le chantier des tunnels de la Petite Ceinture et les rénovations dans la ville. Seule la portion Grand-Bigard/Strombeek-Bever du ring sera tracée.

Jos De Saeger, ministre national des Travaux publics est l'artisan des aménagements routiers heureux et malheureux dans et autour de Bruxelles. Il fait reprendre les travaux du ring dans les années 70. Malgré la crise pétrolière et les retards, la plus grande partie du ring sera mise en service en 1978.

  • Pourquoi le Carrefour Léonard porte-t-il ce nom?

Chaque matin et chaque soir, les bulletins d'informations routières citent le Carrefour Léonard, qui fait le lien entre le ring de Bruxelles et la E411 Bruxelles-Namur-Luxembourg. Mais d'où vient le nom du Carrefour Léonard? Il faut remonter à la fin du 19e siècle, comme nous la racontions déjà dans un précédent article. Sur l'ancienne chaussée de Wavre, à hauteur de Tervueren, au croisement avec un chemin qui traverse la Forêt de Soignes, se tient une roulotte, le bar ambulant "A l'ambiance - Estaminet - Chez Léonard". Léonard Boon, le patron, exerce illégalement. Les autorités réclament la fermeture de sa roulotte mais Léonard bénéficie d'une protection de choix, un client, le prince Baudouin, frère d'Albert Ier. La roulotte va grandir et le commerce va s'installer finalement dans du dur. Le café devient rapidement une institution et l'endroit, sur le chaussée de Wavre, va prendre le nom du café. Un lieu-dit pérennisé par l'ancien bourgmestre d'Auderghem et ministre Lucien Outers (FDF), au moment de l'inauguration du tunnel de 730 mètres, en 1983. La RTBF a couvert cette inauguration le 23 juin 1983.

  • Pourquoi dit-on les Quatre Bras?

Avant le carrefour Léonard, plus au Nord en direction de Waterloo, les Quatre Bras de Tervueren. C'est la jonction entre le ring, l'avenue de Tervueren avec en surface un carrefour équipés de feux et en souterrain, un tunnel. Comme pour le Carrefour Léonard, les Quatre Bras doivent leur appellation à une ancienne auberge située sur place.

  • Pourquoi un viaduc surplombe-t-il Vilvorde?

Le viaduc de Vilvorde offre une vue spectaculaire sur Bruxelles. Mais pour les automobilistes, c'est d'abord la possibilité d'éviter la Schaerbeeklei et la Woluwelaan. Pourquoi un viaduc plutôt qu'une route qui traverse Vilvorde, Machelen et Haren? Il fallait d'abord passer au-dessus du canal Bruxelles-Anvers, la Senne mais aussi l'usine Renault (fermée en 1997). La légende dit que le constructeur français aurait fait pression sur les autorités pour que le futur ring, inauguré en 1977, ne vienne pas perturber ses activités.

Le viaduc est long de 1700 mètres, haut de 40 mètres et surplombe également des lignes de chemins de fer. Regardez le reportage consacré par "Antenne Soir", le 5 septembre 1976, au viaduc en construction.

  • L'échangeur de Grand-Bigard était un rond-point

L'échangeur de Grand-Bigard fait inévitablement penser à l'autoroute de la mer. Il fait le lien entre le ring et la E40 Bruxelles-La Panne. Mais avant de devenir un échangeur à quatre niveaux, l'échangeur était d'abord un grand rond-point. Aménagé en 1957, ce rond-point sera transformé dans les années 80 afin de fluidifier le trafic. Une photographie aérienne est visible sur ce site Internet dédié aux aménagements routiers belges. Le long du ring, à Grand-Bigard se trouve la sculpture en béton de Jacques Moeschal. En 1985, "Ce soir" faisait le point sur la vaste chantier de l'échangeur, surnommé le "monstre du Loch Ness" des travaux publics bruxellois.

  • L'échangeur de Drogenbos, des travaux inutiles pointés par Defossé

L'échangeur de Drogenbos a fait l'objet, en 1986, d'une séquence dans le "Journal des travaux inutiles" de Jean-Claude Defossé. L'échangeur devait permettre de relier Drogenbos à Uccle et Auderghem et donc de boucler du ring dans le sud de Bruxelles. Mais ce projet porté par le ministre De Saeger a affronté l'opposition farouche des Bruxellois. En 1972, l'Etat cède et abandonne. Ont pourtant été aménagés des ponts et des embranchements. Qu'en restent-ils aujourd'hui? La rue Emile Pathé notamment qui sert à Bruxelles Propreté et son Recypark. La rue surplombe le virage de Forest.

  • A travers la forêt

Le ring Est traverse la Forêt de Soignes. Une catastrophe écologique qui aurait pu être bien pire. Pour éviter le tracement d'une véritable autoroute, les autorités ont préféré aménager les routes existantes comme l'ancienne chaussée de Tervueren, dédoublée. A hauteur de Groenendael, un feu de signalisation régulait le trafic. Mais avec la pression automobile, un tunnel a été percé. Le carrefour de Groenendael reste malgré tout un calvaire pour les piétons et cyclistes qui souhaitent le traverser. Calvaire aussi pour les animaux privés de passage d'un côté à l'autre de la forêt. En 2017, les trois Régions du pays inaugurent un écoduc permettant le passage de la faune locale.

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