Les oyas, une techique "anti-sécheresse" pour les potagers

Les épisodes de sécheresse se multiplient, ce qui ne fait pas l'affaire des cultivateurs ni des jardiniers. une technique ancestrale, très utilisée dans le sud de la France, rencontre de plus en plus de succès, chez nous. Le principe? Enterrer des jarres en terre cuite poreuse, au pied des plantations.

Vincent Fagniart vient de commander plusieurs oyas, car il a beau consacrer des heures à ses pommiers, les bichonner et les arroser constamment, les fruits se font rares sur les branches de ses arbres. "On a une terre extrêmement pauvre et très sablonneuse. Impossible de retenir l'eau. J'ai beau arroser, l'eau s'évacue tout le temps.

5 images
un produit 100% belge © C L

Pas simple à trouver

Pendant le confinement, ce permaculteur amateur a beaucoup discuté avec des amis, regardé des vidéos sur internet, et découvert la technique des oyas. "Vous mettez de l'eau dans le récipient, vous refermez le couvercle et puis, vous n'avez plus qu'à attendre. Les racines du pommier vont venir épouser les oyas, se mettre autour et par capillarité, elles vont capter l'eau". L'ustensile n'est pas vendu dans les jardineries. Vincent a fini par trouver son bonheur à Montignies-sur-Roch, dans la région des Honnelles. Jean-Jacques Mathieu, un céramiste, s'est mis tout récemment à la fabrication d'oyas. Et cela marche du tonnerre! Il a reçu 80 commandes en un mois : "Voyez, dans mon atelier, tout ça ce sont des commandes. Je suis obligé de mettre des étiquettes. Il y en a tellement !" Comment expliquer ce succès? "C'est devenu un peu à la mode, les oyas. Puis nous venons d'avoir un épisode de sécheresse, à un moment où les gens étaient confinés, donc ils avaient le temps de s'occuper du jardinage. Et tout cela a fait boule de neige!"

5 images
Jean-Jacques Mathieu dans son atelier © C L

100% belge

Tout est fabriqué dans son petit atelier, avec de l'argile extrait du côté de Namur. La température de cuisson est capitale. Il faut que la paroi des oyas reste poreuse, pour que l'eau se diffuse dans le sol. Jean-Jacques fabrique des oyas de différentes tailles, allant de 25 centilitres, "on les place dans les jardinières", à 10 litres , "je pourrais faire plus grand mais il faut que ça rentre dans les fours, et qu'il y ait de la demande". Devant lui se dressent quelques oyas "bouteille" en cours de séchage. "Elles sont destinées aux grands pots, là où on plante des orangers ou des oliviers."

Pour tester la technique, Jean-Jacques a installé des oyas dans sa serre, entre ses plants de tomate. "Ca fonctionne, je suis content: la seule fois que je les ai arrosées, c'est quand je les ai plantées". Depuis, il contrôle simplement le niveau des oyas. "Attention tout de même, les oyas ne résistent pas aux grosses gelées! Il faut les mettre à l'abri en hiver". Tout dernièrement, il a reçu une commande en provenance de...Bordeaux. "Ca m'a étonné car dans cette région, on devrait en trouver plus facilement que chez nous?" La cliente a reçu son colis sans encombre et lui a envoyé la photo des oyas, plantées dans son potager. 

5 images
Certaines commandes parcourent des centaines de kilomètres! © C Legrand
Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK