Les Noirauds, du folklore bruxellois aux relents racistes? France 2 s'interroge

Les Noirauds devant l'Hôtel de Ville de Bruxelles
Les Noirauds devant l'Hôtel de Ville de Bruxelles - © Wikimédia

Le correspondant de France 2 en Belgique, François Beaudonnet, a croisé le chemin des Noirauds, une "société" bruxelloise plus que centenaire à vocation philanthropique. Parmi les Noirauds se trouvait, le visage peint en noir, le Ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders.

Faut-il y voir des relents colonialistes, se demande le journaliste sur Twitter.

Les Noirauds font partie du folklore bruxellois depuis près de 140 ans. A l'origine, il s'agit d'un rassemblement de bourgeois bruxellois qui décident de collecter de l'argent pour sauver une crèche menacée de faillite. Pour préserver leur anonymat, ils se griment en notables africains, se teignant le visage en noir. A travers les années, la tradition a subsisté. Les Noirauds entrent dans les cafés et les restaurants pour réunir des fonds au bénéfice de l'enfance.

Dans son reportage sur France 2, François Beaudonnet explique que "les symboles pouvant paraître racistes sont restés, ce qui n'a pas dissuadé le Ministre des Affaires étrangères d'endosser le costume de Noiraud".

Polémique ? Pour l'ancien bâtonnier du barreau francophone de Bruxelles, Jean-Pierre Buyle, Noiraud lui aussi, c'est plutôt "une sottise de journaliste français en mal d'informations. On essaie de faire 'buzzer' une information qui n'en est même pas une. Les Noirauds sont vraiment la zwanze bruxelloise. C'est tout à fait bienvenu dans la population; j'ai collecté plusieurs fois dans les restaurants et je n'ai jamais vu quelqu'un qui critique les Noirauds sur cette question".

Alors, tentative d'allumer une polémique comme autour du Père Fouettard aux Pays-Bas en décelant des relents colonialistes où ils ne se trouvent pas ? Ou vrai pavé dans la mare de la part d'un observateur extérieur à l’œil plus aiguisé que les défenseurs à tout crin du folklore et de la tradition ? François Beaudonnet n'a pas souhaité donner suite à notre demande d'interview.

P. Carlot

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