Les musulmans de Belgique craignent une nouvelle fois les amalgames

Pour beaucoup de musulmans, l’attentat de Paris était si choquant qu’ils voudraient pouvoir oublier qu’il a été commis en brandissant des slogans qui se réclament de leur religion. Mounir ben Ahmed est l’imam d’une des mosquées de La Louvière. "Je me révolte en tant qu’humain avant tout. J’ai peur que l’on fasse encore un amalgame entre ce que ces assassins, ces criminels ont fait et ma foi, ma religion."

Ceux que l’imam a rencontrés depuis mercredi, ceux qui sont venus demander conseil ou chercher un réconfort le savent : cet attentat risque d’attiser des tensions que tous ressentent déjà très souvent. "Ce qui me désole le plus, c’est que ça va donner une excuse aux racistes et aux haineux, ceux qui caricaturent notre foi et notre religion. Le bon sens triomphe toujours à la fin – soyons optimistes ! – mais encore une fois, ça ne va pas arranger les choses…"

Mais Mounir ben Ahmed le sait aussi : la crainte de musulmans interprétant mal leur religion impose aussi que ceux qui défendent ce qu’est vraiment l’islam le fasse sans relâche. "C’est ce qu’on essaie de faire : éduquer et apprendre aux musulmans ce qu’est la véritable foi, l’islam. On leur apprend le respect de l’autre, l’acceptation de l’autre (non pas tel que je le voudrais), et ensuite il y a aussi ce devoir vis-à-vis du non-musulman, de leur dire ce que nous sommes, pour montrer ce qu’est l’islam réellement." Le dialogue est donc plus nécessaire que jamais.

Et au dialogue, s'ajoute aujourd'hui de nouveaux hommages. Le Centre d'Action laïque de Charleroi propose dès ce vendredi soir une exposition de couvertures de Charlie Hebdo. Et puis, les élèves de l'Athénée Royal Vauban ont décidé de se joindre au mouvement des étudiants qui viendront ce vendredi à l'école habillés en noir.

Alain Vaessen

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