Les musées sont-ils toujours certains des origines des œuvres exposées ?

L'une des oeuvres les plus connues de Félicien Rops: "Pornocratès".
L'une des oeuvres les plus connues de Félicien Rops: "Pornocratès". - © museerops.be

Il y a quelques semaines, la Bibliothèque royale de Belgique a appris qu'elle détenait une œuvre de Félicien Rops volée par les Nazis durant la deuxième guerre mondiale. Le musée va devoir restituer le tableau à la famille spoliée ou alors l'acheter une seconde fois.

La plus grande collection d'œuvres de Rops se trouve à Namur, au Musée provincial Félicien Rops. D’où cette question : l'origine de ces œuvres est-elle sûre ?

L'essentiel des œuvres exposées au Musée Rops provient d'une donation faite par le Comte Visart de Bocarmé en 1962. Mais remonter plus loin dans le temps est très difficile, explique Véronique Carpiaux, la conservatrice. "On suppose ici au Musée Rops que, pour le moment en tout cas, aucune œuvre n’a été identifiée comme ayant été spoliée à des familles juives. Evidemment, beaucoup d’œuvres n’ont pas non plus nécessairement de pédigrée. On peut remonter dans le temps, mais bien souvent pas plus que les années 70."

Ce sont des catalogues de vente de l'époque nazie qui mettent parfois des historiens de l'Art sur la piste d'une œuvre spoliée.

Paradoxalement, avec Félicien Rops, les premières années d'une œuvre sont parfois plus faciles à retracer, grâce à la correspondance du peintre lui-même. "C’est le cas de ses grands chefs d’œuvre : "La Saisie", "Le Scandale" ou encore "Pornocratès". Il en parle avec un ami marchand, Maurice Bonvoisin. Grâce à cela, on sait qu’une des œuvres est restée en Belgique ; une autre est partie aux USA et la troisième par exemple, vient de Londres."

Félicien Rops est décédé en 1898. Au 20ème siècle, les deux guerres mondiales ont créé de vastes zones d'ombre ; la traçabilité des œuvres s'est estompée. Aucun musée n'est à l'abri d'une mauvaise surprise.

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