Les monnaies complémentaires paient de plus en plus les courses des Wallons

Le "volti", monnaie complémentaire de Ciney à Rochefort
Le "volti", monnaie complémentaire de Ciney à Rochefort - © Tous droits réservés

De plus en plus d'associations citoyennes lancent des monnaies locales ou complémentaires. Le principe : créer des billets utilisables uniquement dans une zone locale déterminée et chez les prestataires qui les acceptent. Ceux-ci peuvent être des commerces mais aussi des services comme des kinés, des médecins, voire des centres culturels ou des cinémas par exemple. L'objectif est de doper l'économie locale vu que ces monnaies complémentaires, un fois émises, ne peuvent servir que dans les commerces et services d'une petite région déterminée.

Nous avons rencontré Marie-Christine Ledant dans une jardinerie de Ciney. Elle voulait égayer l'automne qui s'installe avec quelques fleurs colorées. Mais elle ne payera pas ses achats comme la majorité des clients car, dans ce commerce, il est possible de régler en "voltis". Un billet étrange qui vaut 1 euro.

Le volti est ce qu'on appelle une monnaie complémentaire ou encore un bon de soutien à l'économie locale. Il est valable dans 7 communes entre Ciney et Rochefort. Depuis un mois, lors de son lancement, 120 commerçants ont accepté de l'utiliser à la place de l'euro, lorsque le client le désire. Mais le "volti" ne peut être dépensé en dehors de la zone établie par l'association qui l'a émis. Il a un cours fixe par rapport à l'euro, l'épargner ne sert donc à rien et spéculer dessus est impossible. Autant donc l'utiliser, de quoi dynamiser l'économie locale.

Onze projets de monnaies complémentaires

En un mois, l'association a émis pour 10 000 € de volti et elle ne compte pas s'arrêter là. Elle n'est d'ailleurs pas la seule en Wallonie. Depuis trois ans on dénombre 11 projets de monnaies complémentaires. Six d'entre-elles sont déjà sur le marché : le volti, mais aussi l'épi, le valeureux, les blés, la minuto et depuis hier ; le talent, à Ottignies - Louvain-la-Neuve.

Ces expériences wallonnes s'inspirent de celles menées ailleurs, comme le "Chiemgauer" en Allemagne depuis plus de 10 ans ou encore le "wir" en Suisse depuis plusieurs décennies. Elles s'inscrivent dans la dynamique des circuits-courts de distribution et privilégient les échanges commerciaux entre personnes d'une région ou d'une localité au détriment des grands échanges impersonnels internationaux.

Certains diront que c'est du repli sur soi, d'autre un retour à l'essentiel. Quoiqu'il en soit, il y a une demande. Dans une  boutique de Liège, cela fait 6 mois que le "valeureux" a fait son entrée dans le tiroir-caisse. Une monnaie complémentaire à laquelle le patron a fait confiance. Pas de regret pour le commerçant; aujourd'hui des clients se présentent alors qu'ils ne connaissaient pas l'endroit avant le "valeureux". Tout bénéfice, donc.

Aujourd'hui plus de 70 000€ circulent chez nous sous cette forme de papiers imprimés et sécurisés comme des billets de banque. Mais il ne sont pas là pour remplacer l'euro. S'il est désormais possible de payer son pain en épi lorrain à Virton, ce n'est pas demain qu'on paiera sa voiture neuve en talent d'Ottignies - Louvain-la-Neuve.

 

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