Les moines de Rochefort remportent la bataille contre le groupe Lhoist

Source de Tridaine
Source de Tridaine - © RTBF

Le ministre Philippe Henry refuse que le groupe Lhoist effectue des pompages préliminaires en vue d’une extension future de la carrière de la Boverie à Rochefort. C’est une victoire pour l’abbaye de Rochefort : les moines estiment que ce projet est une menace pour la source de Tridaine qui alimente une partie de la ville et dont l’eau sert à la fabrication de la célèbre trappiste.

Les moines de l’abbaye de Rochefort ont de quoi être satisfaits. Le ministre wallon Philippe Henry vient de prendre sa décision concernant le projet d’approfondissement de la carrière de la Boverie, plus précisément concernant les forages et les pompages exploratoires que le groupe Lhoist souhaitait réaliser : c’est non. Pour le ministre, rien ne permet à l’heure actuelle de garantir que les projets du groupe carrier n’auront pas d’impact sur la qualité de l’eau et sur l’approvisionnement. Philippe Henry invoque aussi une convention de 2008 signée entre la ville de Rochefort, l’abbaye et le groupe Lhoist. Ce texte stipule que tout approfondissement de la carrière doit recevoir l’assentiment des trois parties, ce qui n’est pas le cas.

A l’automne 2012, Lhoist avait pourtant reçu le feu vert de l'administration wallonne pour la réalisation de ces tests mais les opposants au projet avaient introduit un recours. Ce vendredi, le ministre a donc donné raison aux moines et aux habitants de Rochefort qui avaient manifesté leurs craintes : le groupe carrier ne pourra pas mener son projet à bien.

Impacts sur l’emploi ?

Récemment, pour tenter d’influencer la décision ministérielle, Lhoist avait avancé un argument socio-économique : si le projet d’approfondissement est abandonné, des centaines d’emplois directs et indirects seront menacés d’ici 10 ans lorsqu’il n’y aura plus rien à exploiter sur place. Mais cet élément n’a manifestement pas joué. Notamment parce que l’activité brassicole des moines représente aussi des emplois qu’il est impossible de délocaliser. Par ailleurs, en dix ans, le groupe Lhoist a largement le temps de trouver des solutions alternatives à l’approfondissement de cette carrière.

Dans ce dossier, Lhoist a toujours clamé qu’il ne s’agissait pas de choisir entre une carrière et une brasserie, mais que les deux activités pouvaient continuer à cohabiter de manière harmonieuse. Ses arguments n’ont pas convaincu. L'entreprise n'en restera sans doute pas là, mais elle ne prendra pas de décision sur un éventuel recours avant d'avoir examiné les motivations du refus ministériel.

Quant aux moines, dans un communiqué diffusé ce vendredi après-midi, ils se réjouissent de cette décision qui permettra de sauvegarder l'écosystème de Tridaine.

Hugues Van Peel

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