Les merles sont touchés par un virus africain

Plusieurs régions touchées

Dans  les parcs et jardins, il y a moins de merles que les années précédentes. Dans le Brabant wallon, à Court Saint-Etienne, Vincent Anciaux est pépiniériste. Il travaille à l'extérieur et est donc bien placé pour observer les allées et venues des oiseaux. "Clairement, la population a diminué. Nous avons beaucoup de limaces et les merles en sont friands. Nous n'avons pratiquement plus de merles qui viennent se délecter. La semaine dernière, nous avons découvert trois cadavres. Le hasard n'est plus au rendez-vous. Il y a vraiment un problème", explique Vincent Anciaux.

Situation identique en province de Liège, à Ben-Ahin, près de Huy. Georges Knops nourrit et observe en permanence les oiseaux dans sa propriété. "J'avais beaucoup de merles dans les vignes. Maintenant, je dois les chercher. Est-ce une conséquence de la sécheresse ?, je ne sais pas...", s'interroge Georges Knops.

La sécheresse et le virus Usutu

L'été a été chaud, y compris pour les oiseaux qui ont été victimes de la sécheresse. De surcroît, les merles sont touchés par le virus "usutu", originaire d'Afrique australe. Il est transmis par les moustiques. Natagora suit le problème de près. "Il y a moins de merles chez nous, surtout en Flandre, où le virus est plus puissant qu'en Wallonie. On le constate avec nos activités de monitoring avec le comptage des oiseaux au mois de février où le merle est en diminution dans les jardins. Ce mois d'octobre, nous avons la migration des merles qui viennent du nord de l'Europe. Les merles sont pour l'instant plus nombreux. Les merles locaux sont remplacés par les oiseaux sains du nord de l'Europe", explique Antoine Derouaux, bio ingénieur de formation et employé par Natagora. 

D'autres oiseaux concernés?

D'autres espèces d'oiseaux sont sensibles au virus. Antoine Derouaux poursuit : "Les rapaces nocturnes, les chouettes, les hiboux sont concernés. Ce sont des oiseaux réputés sensibles au virus. Nous sommes inquiets car c'est une cause de mortalité qui s'ajoute à toutes celles qui existent déjà. Les chats, les collisions avec les voitures, etc. On sait que les oiseaux sont capables de se créer une immunité à ce virus. Petit à petit, la population va devenir résistante. A terme, on pourrait retrouver les niveaux précédents", conclut Antoine Derouaux.

L'observation continue

Les ornithologues vont poursuivre leurs observations non seulement en Belgique mais aussi dans les pays voisins où le virus peut s'étendre.

 

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