Les médecins du CHR d'Auvelais en grève pour 24H

Les médecins du CHR d'Auvelais en grève pour 24H
Les médecins du CHR d'Auvelais en grève pour 24H - © Google Map

Des médecins qui tombent leur blouse blanche, rangent leur bistouri et enlèvent leur stéthoscope, ça n'arrive pas tous les jours dans un hôpital. C'est pourtant le cas depuis ce matin 8h, au CHR d'Auvelais. Les consultations sont annulées et reportées, seules les urgences et les hospitalisations en cours sont assurées. La cause de ce mouvement de mauvaise humeur? Le licenciement de leur patron, Vincent Piette, le président du conseil médical. Il vient d'être écarté par le conseil d'administration (à l'unanimité) parce qu'il s'est opposé à l'engagement d'un médecin pour le service des urgences.

"Licenciement politique", estiment les médecins d'Auvelais

"C'est évidemment un faux prétexte" s'insurgent les médecins. L'un d'entre eux nous confie :"la raison est à trouver ailleurs. Vincent Piette est un farouche opposant à la fusion pure et simple avec le CHR de Namur. Il nous a toujours défendu, et il est devenu trop gênant pour les politiques namurois représentés au sein du conseil d'administration. Nous ne sommes pas fermés à tout rapprochement avec le CHR de Namur. Mais nous n'avons, à ce jour, aucune garantie que le site d'Auvelais restera un hôpital de proximité capable d'assurer tous les soins de première ligne. Au contraire, on veut nous imposer un rapatriement de toutes les pathologies intéressantes vers Namur et une main mise sur les bénéfices d'Auvelais et sur nos honoraires."

Pas une grève au finish

La grève de 24 heures n'est donc pas une simple saute d'humeur. Le malaise semble bien plus profond. "Nous ne voulons pas prendre les patients en otage. Et surtout pas saborder l'outil, notre outil. Ce n'est donc pas une grève au finish. Mais dans le même temps, je n'entrevois pas d'issue négociée. Les positions sont trop divergentes" conclut notre interlocuteur. Le conflit entre les médecins d'Auvelais et le conseil d'administration (qui chapeaute les CHR d'Auvelais et de Namur) devrait donc se poursuivre en justice.

"Les médecins mélangent tout"

"Où est le problème?", rétorque de son côté le président du conseil d'administration. Selon Etienne Allard, le licenciement du chef des médecins n'a rien à voir avec le processus de fusion. "Vincent Piette a été licencié pour faute grave. Il a abusé de sa position de président du conseil médical pour dissuader un candidat médecin de postuler à un poste. Les médecins pensent que nous l'avons écarté car il s'opposait à la fusion. Mais ils mélangent tout." N'empêche, un mouvement de grève quasi unanime du corps médical, cela n'interpelle pas le président du conseil d'administration? "Je comprends qu'ils soient inquiets et choqués. Parce qu'ils comprennent aujourd'hui que le gestionnaire d'un hôpital peut mettre fin au contrat d'un médecin. Et forcément, ils se disent que ça pourrait leur arriver aussi. Mais pour moi, il n'y a pas de problème. Je suis ouvert à la discussion. Je veux maintenir un hôpital de qualité à Auvelais, un service de proximité, capable de dispenser les soins de première ligne. Nous pouvons nous retrouver autour de cet objectif", tempère Etienne Allard.  

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