Les mauvaises herbes envahissent cimetières et espaces publics: à qui la faute? Et comment y remédier?

Cet été, les mauvaises herbes envahissent routes, cimetières et espaces publics : à qui la faute ?

1°) Les pesticides

Ou plutôt leur interdiction. Cela fait des années qu’on l’annonce, c’était déjà effectif pour les particuliers, mais depuis le 1er juin 2019, le recours aux pesticides est désormais complètement proscrit pour les communes également. La période de transition de 5 ans, qui devait amener les gestionnaires d’espaces publics vers le "zéro phyto" est arrivée à terme. Tout comme les particuliers et gestionnaires de parcs, elles doivent donc désormais se tourner vers des méthodes d’entretien alternatives comme le désherbage thermique ou mécanique.

2°) Le manque de personnel

L’excuse peut paraître simple, car comme on l’a indiqué plus haut, les communes ont eu 5 ans pour s’adapter à cette interdiction totale. Quelles que soient les solutions adoptées, elles ont cependant toutes un point commun : elles demandent plus de main-d’œuvre. Or, certaines communes, en difficulté financière, doivent en compensation des aides reçues de la région respecter certaines règles… dont ne pas engager plus de personnel. C’est le cas à La Louvière, par exemple, où cela pose des problèmes pour la gestion des cimetières par exemple… comme dans beaucoup d’autres communes wallonnes.

3°) Les particuliers

Dans le règlement de police, il est prévu que tout occupant d’immeuble doit maintenir propre sa portion de trottoir. Notamment en enlevant les végétaux qui l’envahissent. A Tournai, à Mons, comme dans la plupart des communes, c’est le propriétaire ou le locataire qui est donc chargé d’entretenir le trottoir public devant sa maison. Cette règle vaut pour le déblaiement de la neige en hiver, mais aussi pour les "mauvaises herbes".

Et il en va de même… pour les cimetières. Si la commune est chargée de l’entretien du cadre et des allées, ce sont les particuliers qui doivent s’assurer du bon état de la tombe de leurs proches et de ses alentours immédiats. Or, c’est parfois ce manque d’entretien qui conduit à une propagation dans l’espace "public"

Quelles solutions?

Face à ces difficultés, quelles solutions les communes peuvent-elles mettre en place ? On en a relevé de trois ordres :

1°) Trouver du personnel à moindre coût

C’est ce que fait la commune d’Ans avec l’opération Eté solidaire : les étudiants, engagés dans un projet de propreté publique, se sont concentrés sur les cimetières cette année. Et vu l’ampleur de la tâche, elle a décidé cette année de les prolonger jusqu’à la fin des vacances. A Sambreville, après une polémique née sur les réseaux sociaux, ce sont des citoyens qui ont décidé de se rassembler pour une opération collective et citoyenne de nettoyage.

2°) La répression, ou la menace

C’est ce que met en place la commune de La Louvière : la Ville a décidé de lancer une grande campagne en plusieurs phases afin de responsabiliser le citoyen, et de le mettre face à ses obligations.

Dans un premier temps, la Ville a informé les riverains avec la parution d’un rappel pratique dans le bulletin communal, la distribution de flyers par les agents de quartier, les stewards urbains, etc. On est ensuite passé à une phase d’avertissement : les policiers de quartier se rendent chez les habitants qui n’ont visiblement pas rempli leurs obligations, et leur expliquent ce qu’il convient de faire s’ils veulent éviter l’amende, qui peut grimper jusqu’à 350 euros. Pas moins de 2800 avertissements ont ainsi été déjà adressés aux Louviérois.

Mais d’autres ont déjà franchi le pas. A Liège, plus de 100 PV sont dressés chaque année pour manque de désherbage. La police est surtout vigilante en début d’été quand la végétation pousse le plus.

3°) S’adapter: vers des cimetières "verts"

Puisqu’on ne peut plus tuer la végétation à coups de pesticide, pourquoi ne pas essayer de l’encadrer plutôt que de vouloir à tout prix empêcher son apparition ? L’idée de "cimetières verts" a fait plus que son chemin dans de nombreuses communes. Déjà d’application dans la majorité des cimetières de communes comme Namur, Eupen ou Jodoigne, elle se développe à Ans, va devenir la règle à Mons, et La Louvière y pense également.

C’est le concept de "cimetière nature", que la Région wallonne tente de promouvoir. Des cimetières où les allées sont engazonnées, où on gère la végétation plutôt que la stopper, où on développe des herbes maîtrisées, plutôt que spontanées. 165 cimetières ont déjà reçu ce label en Wallonie et un nouvel appel à projets a été lancé pour cette année…

 

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK