Les mariages forcés ne sont pas courants, assure une étude de l'ULB

D’après l’étude, les mariages forcés ne représentent même pas 1% des mariages bruxellois (illustration).
D’après l’étude, les mariages forcés ne représentent même pas 1% des mariages bruxellois (illustration). - © Flickr - Conanil

On aurait pu croire qu'à Bruxelles, ville multiculturelle dont un tiers des habitants est issu de l'immigration, le nombre de cas de mariage forcé était élevé. D’après une étude menée par l’ULB, il n'en est rien. Les chercheurs ont fait le compte : les mariages forcés ne représentent même pas 1% des mariages bruxellois.

Dans l’étude (commandée par la ministre fédérale et le secrétaire d'Etat bruxellois en charge de l'Egalité des chances), la conclusion des chercheurs est celle-ci : tant les médias que les politiques ont surestimé le phénomène des mariages forcés. Et ils le démontrent, chiffres à l'appui.

Sur 4000 mariages célébrés chaque année à Bruxelles, seuls 10 ou 20 seraient des mariages forcés. "On sait qu'il existe des cas qui ne dépassent pas les frontière de la famille et qui donc ne sont pas enregistrés ni dans les registres institutionnels ni auprès des associations. Il convient donc de rester prudent mais rien ne nous laisse penser qu'on soit face à une situation particulièrement inquiétante", déclare Nawal Bensaid (auteure de l'étude).

Mais pour l’auteure, cela ne doit pas empêcher les autorités d'agir. Il faut continuer la sensibilisation à destination des jeunes mais aussi des policiers et des autorités judiciaires. Bruno De Lille (secrétaire d'Etat à l'Egalité des chances) abonde dans ce sens : il annonce que les officiers d’état civil bruxellois vont recevoir une formation spécifique. "Chaque couple, avant de pouvoir se marier, devra se présenter devant le fonctionnaire d'état civil. Ceux-ci seront formés afin de découvrir à ce moment-là s’ils sont face à un mariage forcé ou pas. Ils seront donc capables de l’arrêter avant qu’il n’ait lieu."

Par ailleurs, la lutte contre ce type de mariage vient d'être renforcée au niveau législatif. Les peines infligées ont augmenté et il est désormais plus facile d'annuler un mariage forcé.

Daphné Van Ossel

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