Les installations électriques aussi doivent passer au contrôle technique

Olivier Willems, agent de contrôle chez Vinçotte
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Olivier Willems, agent de contrôle chez Vinçotte - © Charlotte Legrand

L’installation électrique de votre maison, de votre appartement, est-elle en ordre ? En principe, chaque propriétaire doit faire contrôler son installation, tous les 25 ans. C’est dans la loi. Et cela concerne les habitations construites après 1981. Dans la pratique, peu de propriétaires sont au courant. Les contrôles sont rares.

Nous sommes à Deux-Acren, dans l'entité de Lessines. Le contrôle va durer une bonne heure. Le temps pour Olivier Willems de parcourir chaque pièce de la maison, à l'affût de la moindre défaillance. Direction le disjoncteur et le tableau électrique, première étape toujours éclairante sur l'état général de l'installation. "Un signe d'usure, c'est ce que vous avez ici par exemple. Des bornes qui se desserrent. On a donné un coup de tournevis il y a 25 ans. Mais sous l'action de la chaleur, les bornes en cuivre peuvent se desserrer. Le cuivre est un matériau malléable..."

Caché dans les murs

Garage, cuisine, salle de bain, chambre…Olivier Willems traque les risques d’incendie ou d’électrocution. La "bible" des agents de contrôle (qu'ils travaillent pour Vinçotte, comme Olivier, ou un autre organisme), c'est le RGIE, le "règlement général d’installations électriques". Il prévoit qu'une installation datant d'après 1981 doit être contrôlée tous les 25 ans. "Une installation, c’est comme tout, ça vit ! Avec une voiture on va au contrôle technique. Mais l’installation, c’est caché dans les murs. Si on n’a pas de problème, alors on l’oublie. C’est une grosse erreur que l’utilisateur fait ! Il doit revenir sur l’installation, prendre conscience qu’il y a de l’usure et une petite maintenance à apporter"

Bricoleurs du dimanche et familles en danger de mort

Olivier rencontre souvent des petites installations pirates. "Du style on a une prise de courant seule dans un coin, on veut multiplier les possibilités, donc on fait usage d’une rallonge qu’on fixe brutalement au mur…". Quels sont les risques? "Le feu!", nous répond-il. "Les équipements électriques sont composés de plastiques conçus pour ne pas propager le feu. Les équipements que l’on rajoute, que l'on va chercher soi-même au magasin de bricolage, ne le sont pas toujours ! Et retenez bien qu'une rallonge, un multi-prises, ça ne s’utilise pas toute l’année ! Cela doit rester sous surveillance, et à usage temporaire."

Malgré ses années d'expérience, il arrive que notre agent Vinçotte tombe des nues, effaré par ce qu'il découvre. "Très souvent, en fait. J’ai eu le cas y’a 3 semaines. On n’a même pas trouvé de tableau à fusibles dans la maison. On était parti du compteur avec un 'sucre', un raccord et on cheminait comme ça. De temps en temps, hop, une prise! Du bricolage...Et c’était un bâtiment loué, avec 3 enfants à l'intérieur! N’importe qui peut faire une installation électrique, les magasins de bricolage sont très contents de vendre du matériel. Mais il y a le RGIE qui donne des règles à suivre et il y a le savoir-faire du professionnel. Par exemple, la façon de courber les câbles, ça ne s’improvise pas. C’est un métier"

A quand un système de rappels?

"La loi n'est pas floue", insiste Philippe Detollenaere, chef de groupe chez Vinçotte." Il faut faire un contrôle tous les 25 ans. Mais c'est au propriétaire à en faire la demande". Lors de la vente de l'habitation, la preuve du contrôle sera exigée. "Il faut que les futurs acheteurs aient un document d'un organisme agréé disant "voici dans quel état l’installation se trouve". Mais si le propriétaire ne vend pas son bien, pense-t-il à le faire contrôler? C'est là que le bât blesse. Voyez plutôt: en 2015, Vinçotte a effectué 22500 missions de contrôle d'installations électriques. Une centaine seulement concernaient ces visites "25 ans après". Alors, chez Vinçotte, on rêve d'une base de données. Et de rappels envoyés périodiquement, "comme pour le contrôle technique des voitures", résume Philippe Detollenaere. Le prix du contrôle est sans doute un frein. "C'est 150 euros la visite. Mais c'est tous les 25 ans. Par rapport aux risques pour les habitants, et aux coûts d'un incendie...c'est pas énorme" conclut-il.

Philippe Detollenaere soulève la question des assurances. Vont-elles indemniser un propriétaire, victime d'un sinistre d'origine électrique, s'il s'avère qu'il n'avait pas fait contrôler son habitation?

 

Installation pas en ordre, sinistre pas indemnisé?

Nous avons posé la question à plusieurs assureurs. Effectivement, le risque existe. "Il serait possible qu'une assurance refuse de couvrir tout ou partie d'un sinistre " nous répond l'un d'entre eux. "C'est comme pour le ramonage des cheminées, ou les détecteurs incendie, le client est censé gérer son habitation en bon père de famille, c'est à dire, assurer un entretien s'il est nécessaire, et même s'il n'est pas obligatoire. Si les dégâts ont été aggravés par ce manque d'entretien, alors, effectivement, l'assurance pourrait rechigner à indemniser tout ou partie. Mais tout est une question de preuves". Pour Wauthier Robijns, porte-parole d'Assuralia, une chose est sûre, "s'il y a des exclusions, elles doivent être reprises dans le contrat. Les compagnies doivent être bien claires. Sinon elles sont tenues d'intervenir".

Plus d'infos? Des conseils?

Divers sites existent, parmi ceux-ci: 

www.vivreensecurite.be

http://www.btvcontrol.be/fr/

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