Passage en phase 1B : les hôpitaux bruxellois obligés de garder 50 % des lits de soins intensifs pour les patients covid

Les hôpitaux bruxellois doivent passer à la phase 1B qui prévoit 50 % des lits de soins intensifs réservés pour les patients covid
Les hôpitaux bruxellois doivent passer à la phase 1B qui prévoit 50 % des lits de soins intensifs réservés pour les patients covid - © Tous droits réservés

Les hôpitaux bruxellois vont passer en phase 1B. L'information est tombée en début d'après-midi, après une réunion du Comité Hospital and Transport Surge Capacity. Les hôpitaux ont désormais 48 heures pour augmenter leurs capacités. 

La phase 1B, qu'est ce que cela signifie ? 

La phase 1B prévoit de faire passer de 25 % à 50 % le nombre de lits en soins intensifs réservés aux patients atteints du coronavirus. Il faut aussi augmenter le nombre de lits en amont, des unités d'hospitalisation "classiques". On multiplie par 4 le nombre de lits de soins intensifs dédiés aux patients Covid-19. 

Dans les faits, plusieurs hôpitaux bruxellois étaient déjà au-delà des 25 %, comme nous le confirmait Kenneth Coenye, médecin chef des cliniques Saint-Jean ce mardi: "On est déjà à 30 % d'occupation des lits de soins intensifs, on est de facto dans une autre phase à Bruxelles ". 

C'est aussi ce que disent les chiffres: ce mercredi midi: 81 patients étaient en soins intensifs à Bruxelles, pour 71 places (capacité de la Phase 1A). 

Déprogrammer des interventions non-urgentes

La phase 1A permettait encore aux hôpitaux bruxellois de tourner normalement. Désormais, il va falloir réorganiser les plateaux, les services pour fournir ces places et puis reporter dans les jours qui viennent des opérations non-urgentes. "Là on franchit vraiment le seuil où l'on va devoir arrêter toute une série d'activités, déprogrammer des interventions chirurgicales prévues", explique Philippe Leroy, le directeur du CHU Saint-Pierre de Bruxelles. Cela signifie reporter des opérations chirurgicales, des traitements lourds en hématologie, en oncologie. Toutes les activités qui potentiellement peuvent amener à ce que le patient aille en soins intensifs.

Des décisions difficiles à prendre. Comment déterminer ce qui est urgent et ce qui ne l'est pas? "C'est vraiment une analyse très fine. Généralement, en discussion et en concertation avec le médecin spécialiste qui a posé l'indication de faire telle ou telle intervention ou diagnostic et on voit avec lui s'il y a moyen de reporter ou non", répond Jean-Michel Hougardy, directeur médical de l’Hôpital Erasme.


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"Sachant qu'actuellement, avant le début de cette vague, nous étions en train de rattraper tout ce que nous avions déprogrammé lors de la première vague. Et donc certaines choses qui avaient été jugées moins urgentes vont se retrouver peut-être plus prioritaires, ce qui rend la tâche extrêmement complexe dans la gestion de cette épidémie qui est en train de reprendre vigueur".  

Il va falloir aussi réorganiser le travail du personnel soignant dans les différents services. 

Les transferts vont continuer encore 48 heures 

Jusqu'ici, il était question de répartir les patients covid entre hôpitaux bruxellois et au-delà des frontières de la région bruxelloise, vers les provinces voisines. C'est ce que demandaient les hôpitaux bruxellois pour éviter de déclencher cette phase 1B trop vite, pour "équilibrer" la situation des hôpitaux et "lisser" les phases sur l'ensemble du pays. 

"Nous avions déjà réaliser un grand nombre de transferts et les transferts sont toujours actuellement et ils le seront encore ces prochaines 48 heures", répond Pascal Rosière, inspecteur fédéral d'hygiène. "Mais le flux de patients s'accélèrent actuellement et donc si nous n'augmentons pas ces capacités, nous risquons d'avoirs des soucis quant à l'hospitalisation des patients. Donc les transferts continuent actuellement le temps que les hôpitaux se préparent à l'augmentation de leurs capacités. Une fois que l'augmentation sera effective, on va arrêter provisoirement les transferts et on les reprendra à partir d'un certain taux de saturation, à définir encore, d'un commun accord". 

 

Renaud Mazy, administrateur délégué des Cliniques universitaires Saint-Luc, était l'invité de Matin Première ce mercredi.

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