Les graffitis ont coûté 2,5 millions d'euros à la SNCB en 2014

Train tagué
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Train tagué - © @paintedtrains

2175 constats officiels de graffiti sur les trains pour l’année 2014, en 2010, il n’y en avait eu que 520. Quatre fois plus de graffitis constatés en autant d’année. La SNCB estime que l’augmentation est due à une vigilance accrue mais aussi à une augmentation du phénomène des graffitis en Belgique.

En février dernier la ministre de la Mobilité, Jacqueline Galant (MR) a été interpelée par l’Open Vld Vincent Van Quickenborne: il affirmait que de plus en plus de voyageurs se plaignaient de voir des trains tagués, un phénomène apparemment plus présent que dans d’autres pays. C’est ainsi que les chiffres de la SNCB sur le graffiti ont été dévoilés, et il s’avère que l’impression des voyageurs est exacte, il y a eu 4 fois plus de constats en 2014 par rapport à 2010.

La quantité de graffitis enlevée par la SNCB en 2014 représente la surface de 13 terrains de football. "C’est un phénomène de société qui impacte la SNCB, explique Thierry Net, le porte-parole de la SNCB. Et ce phénomène apporte un gros préjudice à la SNCB car nous avons dépensé plus de 2,5 millions d’euros pour nettoyer les graffitis en 2014. C’est une somme très conséquente que nous aurions pu investir en service à la clientèle notamment".

Quant à savoir s’il y a plus de trains avec des graffitis qui circulent actuellement, le porte-parole de la SNCB le reconnait, il l’explique notamment par la difficulté de nettoyer ces graffitis: "Quand un train a été tagué, la SNCB doit faire le choix de le faire circuler ou non. S’il n’y a pas d’impact pour la sécurité ou pour le confort des voyageurs, nous allons faire circuler ce train sinon, il y aurait beaucoup trop de trains bondés".

Mais pour la SNCB, la lutte contre le graffiti est une priorité. Elle poursuit systématiquement les graffeurs arrêtés. Ils risquent une peine de 6 mois à un an de prison, en plus des poursuites au civil, "dernièrement, un taggeur a été condamné à une amende de 16 000 euros", conclut Thierry Ney.

Les trains ont toujours attiré les graffeurs

Malgré la menace de lourdes amendes et condamnations, les graffeurs sont malgré tout très attirés par les trains car ils font partie de l’histoire du graffiti. "Depuis le début du graffiti, c’est le meilleur moyen qu’on a pour être visible, explique Dema, un ancien graffeur bruxellois qui connait bien le milieu pour le côtoyer depuis plus de 20 ans. Depuis le début du graffiti avec les premiers trains qui ont été faits à New-York du côté du Bronx et d’Harlem, le train est une manière de dire 'je suis là !' Dans le graffiti, les gens donnent souvent beaucoup plus de respect aux trains parce que ça représente les origines du graffiti, c’est le déplacement de ton nom à travers une région ou un pays. "

Les trains de la SNCB ne sont pas uniquement peints par des graffeurs belges, selon Dema, pas mal de graffeurs étrangers se retrouvent aussi dans les dépôts de la SNCB. "On est au centre de l’Europe, on est au centre de tous les plus gros pays de vandales niveau graffiti: les Pays-Bas, l’Allemagne, la France … Les gens passent par ici et ils font un train parce que c’est pas trop compliqué de faire un train en Belgique. Il y a beaucoup de dépôts et beaucoup de trains et puis tous les dépôts ne sont pas spécialement surveillés…"

Du côté de la SNCB par contre on affirme qu’un nouveau plan de lutte contre le graffiti entrera en vigueur dans le courant de cette année. Il prévoit notamment plus de surveillance et une amélioration des services de nettoyage.

G. Fabré

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