Les goélands bruns s'installent définitivement à Bruxelles

Les goélands brun s’installent définitivement à Bruxelles
Les goélands brun s’installent définitivement à Bruxelles - © VALERY HACHE - AFP

Avec leurs cousines les mouettes, leurs cris nous évoque plus volontiers l’air iodé de la côte belge et des ports de pêche. Pourtant les mouettes et les goélands sont bien présents à Bruxelles depuis plusieurs années. " Ce sont des animaux marins qui ont commencé à s’installer sur les côtes après la seconde guerre mondiale et l’avènement de la pêche industrielle pour ensuite aller plus loin dans les terres pour se nourrir dans les décharges après la généralisation de la société de consommation", explique Alain Paquet, ornithologue au bureau d’études de Natagora.

Des laridés qui font certes partie du paysage mais qui ne font que se restaurer dans la capitale. "Ils viennent passer l’hiver pour profiter du climat. Ils se nourrissent à Bruxelles mais dorment dans de grands dortoirs plus au nord, principalement à Vilvoorde. Au printemps ils retournent dans le nord de l’Europe", explique Alain Paquet. Et si on dit de la région de Bruxelles-Capitale qu’elle est une région cosmopolite où des dizaines de nationalités se côtoient ce n’est pas valable uniquement pour les humains, "les mouettes et les goélands viennent principalement des Pays-Bas mais aussi du Danemark, d’Allemagne, de Suède, de Norvège, parfois Islandais, parfois Polonais, parfois Groenlandais aussi… Il y a toute une diversité d’espèce de toute l’Europe qui est en train de se répandre. Et on peut observer tout ça à Bruxelles, c’est ça qui est dingue", s’émerveille le spécialiste. Un myriade de destination que les mouettes et les goélands privilégient pour la nidification. Mais c’est une tendance qui semble évoluer, pour le plus grand bonheur du passionné : "le goéland brun a pour la première fois niché à Bruxelles il y a deux ans et cette année-ci. Ce sont des animaux côtiers qui semblent perdre leur lien avec la mer. On voit ces espèces-là s’installer définitivement dans les terres, c’est nouveau !", se réjouit Alain Paquet.

Un camion vert n’est pas rouge

Certains Bruxellois se sont accommodés de leur présence, d’autres les voient comme des nuisibles à cause des excréments blanchâtres qui colorent les trottoirs et les allées des parcs. Pourtant, à l’instar du rusé renard, les laridés font partie des trois espèces d’oiseaux les plus intelligentes avec les corvidés et les perruches. On peut le voir à leur manière de communiquer mais aussi de s’adapter parfaitement à une nouvelle source de nourriture.

Et comme si nos amies à plumes devaient nous le prouver, nous avons eu droit à une démonstration lors d’une observation entre le canal et le centre de triage de déchets à Neder-Over-Heembeek. " Quand je suis arrivé il y a une demi-heure il n’y avait pas de mouette. Là, un camion vert vient d’arriver à la décharge et regardez comme elles arrivent. En fait, elles savent très bien que ce qui les intéresse ce sont les déchets ménagers et ces déchets sont transportés dans des camions verts. Elles ont donc la capacité de reconnaître les couleurs. Elles savent aussi très bien les horaires d’ouverture et de fermeture des lieux et, si vous venez le week-end quand c’est fermé, vous n’en verrez pas une seule", raconte l’ornithologue.

En résumé, s’il on additionne climat, source de nourriture et la débrouillardise qui caractérise ces oiseaux, les Bruxellois les moins enthousiastes feraient bien de s’habituer à la présence de ces oiseaux.

 

 

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