Les fêtes foraines enfin de retour, Sabrina et Steve revivent (Portrait)

Ils arborent un sourire jusqu’aux oreilles et leurs yeux brillent plus encore que le soleil : "on peut dire que nous sommes à l’arrêt complet depuis mars 2020., explique Sabrina. On a eu quelques petites kermesses en septembre, mais dès octobre, on est rentré et on n’est plus jamais sorti". Sabrina Cinant a hérité des autos-scooters de ses parents. Son mari, Steve Miroux, représente la septième génération de sa famille de forain : "Quand mes grands-parents m’expliquaient la guerre, jamais je n’imaginais moi-même connaître une période sans activités comme celle que nous venons de connaître". Mais enfin, ils ont pu monter leur attraction sur la place d’un village et, pour leur plus grand soulagement, leur agenda se remplit : "Nous sommes ici à Walcourt jusqu’au 20 juin. D’habitude, on est là pour la Marche de la Trinité. Mais comme la marche n’avait pas lieu, la commune nous a permis de nous installer, mais en décalage par rapport aux dates habituelles. Plusieurs communes ne savent pas encore si elles pourront organiser leurs festivités habituelles, comme les marches, mais elles tiennent malgré tout à animer les villages avec notre présence. Après Walcourt, nous savons déjà que nous irons à Leval, à Florennes, à Couvin, à Nalinnes, à Thuin… Evidemment nous avons le sourire. C’est la vie qui reprend".

Les fêtes foraines vous ont manqué ? Vous avez en tout cas manqué aux forains

"Ce que j’attends le plus ? Le sourire des enfants et des parents", déclare Sabrina, sans hésitation. Et elle sort son smartphone et nous montre l’album des photos qu’elle prend régulièrement des clients de son attraction. "Regardez ! Il n’y a pas une photo où ce ne sont pas que des sourires et de l’amusement. C’est ça qu’on aime, c’est ça, notre vie. Et ces sourires, même si c’est derrière un masque, nous allons les retrouver". Car évidemment, il y aura des mesures à respecter. Le public autour de la piste sera limité. Les sièges et les volants des autos-scooters seront désinfectés après chaque client. "Et tous les quarts d’heure, un message sera diffusé automatiquement, rappelant aux gens qu’il faut respecter les distances et bien se désinfecter les mains". Sabrina est prête à gérer son attraction "en bon père de famille", comme elle le dit. Ces contraintes n’entament pas son enthousiasme à l’idée de retrouver ses clients.

Ces voisins que vous ne connaissez pas

D’années en années, ce sont généralement les mêmes forains qui reviennent dans vos villages. Et si vous ne les connaissez pas, eux, en revanche, se considèrent comme vos voisins de quelques jours, chaque année. "On voit beaucoup de monde, évidemment, mais comme on revient toujours au même endroit, on voit grandir les enfants et leurs parents aussi. Et puis ces enfants deviennent eux-mêmes parents et, à leur tour, ils emmènent leurs petits dans nos autos-scooters". Dans certains villages, ce sont même de réelles amitiés qui sont nées. "Dans le petit village de Presgaux, dans l’entité de Couvin, lorsque nous arrivons, nous allons chez un vieux monsieur pour prendre l’apéritif. Et le dimanche, nous lui apportons la tarte. C’était déjà une vieille personne. Nous ne l’avons plus vu depuis deux ans et j’avoue que je suis un peu inquiète. Dans quelques jours, nous nous installerons dans son village. Et avec tout ce qui s’est passé, j’espère qu’il est toujours là", explique Sabrina. À l’évocation de cette vie qui leur manque tellement depuis plus d’un an, Steve, le mari de Sabrina, ne peut retenir ses larmes. Rapidement remplacés par le sourire, à nouveau, car depuis vendredi, sur la place de Walcourt, leur vie a repris.

Retour des fêtes foraines: JT 09/06/2021

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