Les étudiants francophones appréciés en Flandre

Les étudiants francophones appréciés en Flandre
Les étudiants francophones appréciés en Flandre - © RTBF

Les étudiants francophones qui franchissent la frontière linguistique sont nombreux.  Ils y vont bien sûr pour apprendre le néerlandais, mais aussi parce qu'ils sont attirés par une autre manière d'être encadrés et motivés.  Ils bénéficient également d'une infrastructure plus accueillante.  Nous nous sommes rendus dans une école de Borgloon, une petite ville flamande située à quelques kilomètres seulement de la frontière linguistique.

Dans le réfectoire, 290 élèves de cette école secondaire catholique mangent.  Ici, plus de repas chaud depuis de nombreuses années pour des raisons de facilités.  Tous les élèves sont priés d'amener leurs tartines.  Et une fois le repas terminé, c'est un groupe d'élèves différent chaque semaine qui se charge du nettoyage.  Pendant ce temps, dans la cour de récréation, il n'y a pas d'interdiction d'utiliser son gsm.  C'est même devenu un outil indispensable dans cette école, comme l'explique Martin Davreux, élève de 5e secondaire, originaire de Naninne: "Notre journal de classe est sur notre gsm.  En Flandre, on n'a plus de journal de classe, on a une application, donc on nous laisse utiliser le gsm à l'école.  Pendant la récréation, on peut envoyer des sms, aller sur Facebook ..."

Si Martin répond à nos questions dans un français parfait, c'est parce qu'il est originaire de Wallonie.  C'est le cas de 13% des élèves de cette école située juste de l'autre côté de la frontière linguistique.  Le jeune homme a décidé de passer aux études en néerlandais en 5e secondaire.  La transition a été assez difficile: "Le plus dur, je crois que c'est de passer de 75% à 55% en travaillant deux fois plus.  Ca, j'avoue que ça a été très dur au début."

Dans cette école, on est plutôt favorable à l'accueil des élèves francophones.  Il n'y a pas de sanction si on entend parler français dans la cour de récréation, mais on fait tout pour les aider à s'intégrer.  Deux fois par semaine, des cours de rattrapage sont organisés spécialement pour les élèves francophones.  Le professeur leur apprend les bases nécessaires pour suivre les cours en néerlandais.  L'école ne perçoit pas de subsides pour ces cours supplémentaires.  C'est donc sur son budget propre qu'elle organise ces rattrapages.  Pour son directeur, Rik Bollen, c'est une plus-value de compter des élèves francophones parmi ses élèves: "L'idée n'est pas que l'on devienne une école uniquement francophone.  Mais je pense que pour l'instant, nous avons une bonne proportion entre les deux.  En temps qu'école, cela apporte quelque chose à tous les élèves."

Mais ce que viennent chercher les francophones en Flandre, ce n'est pas uniquement l'apprentissage du néerlandais, c'est aussi l'encadrement.  Ici, toutes les classes sont équipées de Wifi, d'ordinateurs et de projecteurs.  Et en cas de difficultés, les élèves se sentent davantage soutenus.  C'est en tout cas ce qu'a remarqué cette francophone, Ysaline de Maere, élève de 2e secondaire, originaire de Marche-en-Famenne: "Les profs nous aident beaucoup plus, ils vont nous proposer des remédiations, ils vont nous aider, ils vont nous expliquer."

Les élèves francophones ont pris leur quartier dans l'internat situé à quelques pas de l'école.  Ici, un tiers des élèves sont originaires de Wallonie ou de Bruxelles.  Et dans les espaces de détente, comme à l'étude, il y a interdiction de parler le français, explique René Verstaeppen, le directeur de l'internat: "Après les vacances de Noël, nous ne voulons plus entendre parler français.  Si quelqu'un parle le français, il doit faire la vaisselle.  Cela arrive presque tous les jours."

Mais ce directeur l'avoue, les élèves francophones posent moins de problèmes que leurs camarades néerlandophones.  "En deux ans, on a connu un seul cas d'une personne qui a voulu rentrer chez elle après quelques semaines seulement.  La plupart des jeunes francophones restent longtemps.  J'ai beaucoup de respect pour eux car ils travaillent dur.  Je trouve cela très bien ce qu'ils font", dit-il.

Même si aucune statistique officielle n'existe, les élèves francophones seraient de plus en plus nombreux à traverser la frontière linguistique.  Ils viennent y apprendre une autre langue, mais cherchent aussi un autre encadrement.  Ils apportent donc avec eux souvent une très grande motivation.

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