Les esprits s'échauffent dans la sidérurgie liégeoise

Arrêter des outils déjà à l'arrêt ou presque, voilà le paradoxe de la situation du bassin sidérurgique liégeois. Après l'échec de la réunion de la dernière chance, au siège luxembourgeois de la multinationale, les travailleurs du train à large bande à Chertal ont été les premiers à bloquer les entrées et sorties du site dès ce mardi soir. A l'autre bout de l'agglomération, ce mercredi matin, c'est le personnel de Ferblatil qui a débrayé.

La tension est vive. Un camionneur a voulu forcer le passage et a démoli la voiture d'un délégué. La police a dû intervenir.

Le personnel ne comprend guère la pingrerie du plan d'accompagnement social de la fermeture de la phase liquide. La division des aciers plats certes, perd de l'argent, mais le groupe Mittal affiche des bénéfices et brasse des milliards. Pourquoi ne délie-t-il pas les cordons de la bourse? Parce que les négociations liégeoises ont un côté "laboratoire": elles vont se répéter, sur d'autres sites. La multinationale a déjà annoncé l'abandon définitif de ses hauts fourneaux lorrains. Elle vient également de décréter l'arrêt de l'une de ses deux lignes dunkerquoises jusqu’à la fin 2013. Prélude, peut-être, à des solutions plus radicales, preuve que désormais, les installations dites maritimes sont dans la tourmente.

Entre le discours sur le contexte, les lois du marché, et la colère ouvrière, c'est le silence des politiques qui, à présent, devient assourdissant.

A 14 heures 30, mercredi, le front commun a fait savoir qu'il bloquait les expéditions de l'ensemble du bassin liégeois et qu'il mettait en place un comité pour établir un calendrier d'actions. Jeudi, les syndicats confirmeront la position des travailleurs à la direction.

M. Gretry

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