"Bas salaires, horaires compliqués, cadence des soins amplifiée": le personnel des maisons des repos bruxelloises sur le point d'entrer en grève

L'équipe soignante de la Résidence du Heysel à Jette
L'équipe soignante de la Résidence du Heysel à Jette - © rtbf

Un préavis a été déposé et les syndicats se réunissent ce mercredi pour élaborer un plan d'action. Fermarbel, l’organisation qui fédère les maisons de repos privées refuse d’approuver une amélioration des conditions de travail de son personnel. Un accord conclu avec les pouvoirs publics qui s'engagent pourtant à financer le tout. 

Les employés prêts à des actions 

Nous nous sommes rendus dans une maison de repos et de soins à Jette, pour tenter de comprendre les attentes du personnel.

La résidence du Heysel est une petite structure, elle fait partie du groupe Novadia : un groupe privé de maison de repos qui possède quatre établissements en Région bruxelloise. Dans les couloirs, l’ambiance est familiale. Nadine est la cheffe infirmière du service, cela fait 10 ans qu’elle exerce le métier. Selon elle, les conditions de travail ces dernières années se sont détériorées. Bas salaires, horaires compliqués, cadence des soins amplifiée, et puis l’arrivée de nouveaux profils de patients "dans une maison de repos, on est censé avoir des personnes âgées. Maintenant, ce n’est plus le cas. Nous avons de tous, des jeunes, des personnes âgées, des cas psychologiques cliniques, des gens sans domicile que l’on ramasse dans la rue et qui viennent en maison de repos "confie l’infirmière"à la base nous avons une formation gériatrique et on se retrouve à gérer plein d’autres choses".

Pour se faire entendre auprès des groupes privés pour lesquels ils travaillent, les employés que nous avons rencontrés se disent prêts à partir en grève. Mais dans un secteur où l’objectif est de prendre soin de personnes, "c’est compliqué", explique Marjorie Vander Poelen, infirmière depuis 20 ans : "il faut faire attention à ce que le travail continue. Nous travaillons avec des êtres humains: il faut que le service continue. Les résidents doivent être lavés, les soins doivent être donnés. On peut partir en grève mais avec un service minimum garanti".

Les groupes privés refusent de signer l’accord

Femarbel, l'organisation qui fédère les maisons de repos et de soins commerciales, refuse d'approuver une amélioration des conditions de travail de ses employés, malgré un accord signé entre gouvernement bruxellois et partenaires sociaux.

Femarbel représente 60% des résidences bruxelloises et compte parmi ses membres des poids lourds du secteur comme Orpea, Senior Living Group (Korian), Armonea ou encore Anima Care.

L'accord prévoit notamment un troisième jour de congé extralégal avec embauche compensatoire, un meilleur remboursement des frais de transport, les premiers jalons d'une grande réforme des fonctions dans le secteur, et une amélioration de leur pouvoir d'achat.

Les organisations syndicales du secteur non-marchand ont déposé un préavis de grève. Ils se réunissent ce mercredi après-midi vers 14 h. Leur objectif est d’élaborer un plan d’action. Des actions qui pourraient commencer dans les prochains jours, voir les prochaines heures. 

Finalement le Front Commun Syndical Bruxellois s'est mis d'accord sur un plan d'action qui s'articule de la manière suivante: 

-  25/10 à 13h30: concentration devant le siège de Femarbel
-  06/11: manifestation devant les sièges sociaux des grands groupes du secteur commercial
-  08/11: une première action de grève devant 3 résidences représentants les 3 plus grands groupes bruxellois
-  A partir de la semaine du 12/11 : actions de grèves tournantes touchant l’ensemble des résidences bruxelloises

Au total, ce sont 7 000 personnes qui travaillent dans les 200 maisons de repos du secteur privé en Région bruxelloise.

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