Les élèves-pilotes de ligne font leur rentrée

Ceci n'est pas un cockpit! C'est sa copie conforme intégrée dans un simulateur de vol. L'outil pédagogique rêvé des élèves-pilotes de ligne
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Ceci n'est pas un cockpit! C'est sa copie conforme intégrée dans un simulateur de vol. L'outil pédagogique rêvé des élèves-pilotes de ligne - © RTBF

Vingt-huit aspirants pilotes entament une formation de deux ans à l'Académie bruxelloise d'aviation. Coût: près de 100 000 euros

Ils ont débuté leur formation le 7 septembre à la "CAE Oxford Aviation Academy Brussels", le groupe international canadien qui a repris en 2008 l'ancienne "Sabena Flight Academy", à Steenokerzeel, près de Zaventem. C'est un des rares sites belges à proposer ce type de cursus. Le parcours comporte un volet théorique et pratique.

Prérequis au "décollage"

Les candidats à cette école privée doivent avoir entre 17 et 27 ans. Ils doivent avoir leur diplôme secondaire, réussir un examen médical, et avoir la capacité financière de payer une formation de près de 100.000 euros. La plupart ont recours à un prêt bancaire spécial et remboursent la somme après leurs études. Mais pour être admis dans la prestigieuse classe des débutants (maximum 28 élèves en septembre; même chose pour les rentrées de novembre et de mars), ils doivent aussi réussir 6 tests de sélection.

Six tests d'admission à l'école

Tout commence par un test dénommé "Compass". "Il s'agit notamment d'évaluer le quotient intellectuel du candidat", explique Olivier Vijverman, directeur commercial de la section belgo-néerlandaise du groupe canadien.

"Nous testons aussi la mémoire, les réflexes, la dextérité,..." Vient ensuite un test de physique, avec également quelques notions de mathématiques. Le 3ème test permet d'évaluer le niveau d'anglais, langue officielle des pilotes dans le monde entier. Le candidat passe aussi un test sur un mini-simulateur de vol. Il doit aussi répondre à des questions d'ordre psychologique. "Il s'agit ici de tracer les grandes lignes de la personnalité du candidat" assure Olivier Vijverman. Enfin, l'examen d'admission comprend un entretien d'une heure qui permet de connaître les motivations de la personne.

Quatorze matières théoriques

Pendant 8 mois, l'élève suit des cours théoriques à Steenokerzeel. Cours de météorologie, navigation, électricité, instruments de bord,... Au total, 14 matières indispensables au métier. "C'est intense", avoue Martin, élève français séduit par la réputation internationale de l'école et par son taux élevé d'accès à la profession (91% des diplômés trouvent un emploi). "Il faut travailler beaucoup. Il faut être passionné. Et même si le métier a quelque peu perdu ses lettres de noblesse, il fait tout de même encore rêver".

"L'évaluation de nos élèves est continue", explique Olivier Vijverman. "Pour la partie théorique, l'élève est interrogé pratiquement une fois par semaine. L'apprentissage se fait par paliers. Il faut réussir un cours pour pouvoir suivre le suivant. En cas de problème, on peut redresser la barre. Mais si un étudiant connaît vraiment de grosses difficultés, il doit interrompre sa formation. Ce genre d'échec est assez rare. Et dans ce cas de figure, nous remboursons une partie des coûts d'inscriptions". La partie théorique coûte environ 10.000 euros. Elle est dispensée par des pilotes professionnels; des pilotes retraités ou encore en exercice.

Décollage immédiat, puis virtuel 

Le volet pratique de cette formation est plus long. Il dure environ 1 an. Dans un premier temps, les élèves partent 8 mois en Arizona, aux Etats-Unis. "Nous apprenons à voler sur un petit avion en Arizona parce que le ciel y est pratiquement toujours dégagé", commente Martin. Le début du pilotage aux côtés de l'instructeur se fait à vue, puis sur instruments. Ensuite, le pilote apprend à combiner les deux techniques. Il passe enfin au pilotage d'un petit bimoteur. Ce type d'appareil permet à l'élève d'apprendre à bien réagir lorsqu'un des moteurs s'éteint.

Les quatre mois suivants se déroulent en Belgique. Les élèves s'entraînent sur un petit appareil à l'aéroport d'Anvers, histoire de se confronter aux caprices de la météo (belge, entre autres). Mais le retour en Belgique passe aussi par Steenokerzeel où les futurs pilotes de ligne ont la possibilité de s'entraîner dans des simulateurs de vol. Le site en compte six. Des engins de haute technologie dont les plus récents coûtent plus de 10 millions d'euros. "Ces simulateurs permettent aux élèves d'apprendre le travail en équipe, comme dans un vrai cockpit d'avion de ligne", explique le commandant Guibert de Quirini, instructeur. "L'avantage est multiple. L'exercice ne comporte pas de risques. Au final, il revient moins cher qu'un apprentissage sur avion de ligne. Il permet d'interrompre une formation pour donner une explication, par exemple; ce qui est impossible en vol réel. Enfin, nous pouvons revoir les images de la formation, grâce à un système vidéo. Le simulateur, c'est pratiquement les conditions et les sensations du réel, tant cet engin placé sur pieds électriques (ou hydrauliques) est perfectionné." Un simulateur qui rapproche les élèves de leur rêve. "C'est un privilège de pouvoir s'entraîner ici", souligne Charles-Antoine, élève-pilote. "D'autant qu'après notre formation, pratiquement toutes les compagnies aériennes testeront nos capacités sur simulateur." Et c'est sans oublier l'obligation qu'ont les pilotes en exercice de repasser leur licence tous les 6 mois, via un test en simulateur. Le prix de la sécurité...

Diplômé, mais...

Une fois le diplôme en poche, l'aspirant pilote peut entamer sa carrière. Dans certaines compagnies aériennes, les conditions d'embauche, comme les conditions de travail, ne sont pas toujours idéales. Mais selon l'école bruxelloise, le développement du trafic aérien engendre un besoin accru de pilotes. Des jeunes pilotes qui doivent toutefois être prêts à partir travailler à l'autre bout du monde, parfois. De plus en plus de filles se lancent dans la profession. Une progression lente. A Bruxelles, par exemple, l'école enregistre à peine une fille sur 10 élèves. Par ailleurs, le pilote débutant doit acquérir une expérience de 1.500 heures de vol avant de devenir véritablement "pilote en titre". Le rêve d'Icare n'est pas vraiment un nuage tranquille.

    

 

 

 

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