Les écrivains publics encore trop méconnus?

Une écrivaine publique et bénéficiaire schaerbeekoise
Une écrivaine publique et bénéficiaire schaerbeekoise - © RTBF

La Foire du Livre de Bruxelles a ouvert ses portes, ce jeudi, à Tour et Taxis. Les amoureux de lecture ont jusqu'au 2 mars pour découvrir des auteurs, éditeurs et autres expositions de bouquins. En marge de cet événement, nous nous sommes intéressés aux "écrivains publics". Relativement méconnus, ces écrivains sont très différents des auteurs littéraires.

En Belgique, les écrivains publics sont généralement des bénévoles qui rédigent des lettres, des documents administratifs, des CV et autres courriers personnels, pour le compte de particuliers. Les demandeurs peuvent être des personnes illettrées ou qui écrivent avec difficulté, comme Mimi, une dame âgée qui ne voit plus bien.

Mimi sait lire et écrire; mais elle doit se fait aider pour certains courriers. Alors, elle s'est rendue à une permanence d'écriture de la maison Dailly, à Schaerbeek pour demander de l'aide: "J'ai des problèmes avec l'avocate et j'aimerais écrire une lettre pour demander une nouvelle avocate pro deo et en même temps, porter plainte s'il y a moyen contre mon avocate pour manque de professionnalisme et pour non-respect car elle n'a jamais répondu et ne s'est jamais occupée de moi. Elle ne s'est pas présentée à la Justice de paix au moment où elle devait passer. C'est un manque de responsabilité".

Pour Patricia Robert, écrivaine publique: "On peut tout à fait écrire un courrier qui va de ce sens pour demander une autre avocate et pour porter plainte parce qu'effectivement c'est quand même un peu fort".

Mimi nous dit pourquoi elle fait appel aux écrivains publics: "Le français est ma langue maternelle donc en principe, je ne devrais pas avoir de problèmes pour écrire, mais il y a certaines situations qui me demandent d'employer un certain vocabulaire et puis, je pense que Madame Patricia s'y connait mieux que moi en la matière. Il y avait aussi le fait que c'était un problème personnel, une tranche de vie, tout ce côté émotionnel."
 
Employée SNCB, Patricia offre son aide quelques heures par semaine: "L'idée, c'est toujours d'écrire le plus possible avec la personne, elle participe. Il y a une personne qui est venue dernièrement qui se débrouillait aussi pas mal mais qui était dans une émotion. C'était pour une lettre de motivation pour faire une formation à laquelle elle tenait énormément. Elle était hyper stressée mais nous étions à trois et nous avons pu travailler de manière interactive."

Une cinquantaine écrivains publics travaillent gratuitement au sein du réseau de Présence et Action Culturelle; c'est d'ailleurs ce mouvement d’éducation permanente qui les forme. D'autres écrivains assurent seuls ce type de fonction dépourvue de statut officiel.

Plus qu'une plume ou un clavier d'ordinateur, l'écrivain public est aussi un écoutant, presqu'un psychologue, surtout pour les personnes les plus démunies.

Jean-Claude Hennuy

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