Les échafaudages du Palais de Justice de Bruxelles bientôt camouflés ?

Les éternels échafaudages du Palais de Justice seront peut-être bientôt masqués par une bâche
Les éternels échafaudages du Palais de Justice seront peut-être bientôt masqués par une bâche - © RTBF

Les échafaudages du Palais de Justice de Bruxelles pourraient bientôt être cachés par une bâche sur laquelle est reproduite le bâtiment conçu par Joseph Poelaert. La Ville de Bruxelles en a assez de cet interminable chantier et de l’image qu’il renvoie. Elle a donc contacté des sponsors privés, prêts à financer cette bâche en contrepartie d’un espace promotionnel.

Ils sont installés depuis tellement longtemps qu’on en a oublié qu’à une époque, le Palais de Justice tenait sans ces échafaudages, véritables banderilles plantés dans ce bâtiment achevé à la fin du 19ème siècle. Ils sont tellement vieux et les travaux de rénovation des façades ont tellement tardé que ces échafaudages ont eux-mêmes dû être rénové il y a cinq ans. " Pour être un tout petit peu taquin avec le sujet, dit Luc Hennart, président du Tribunal de première instance de Bruxelles, on a tellement l’habitude de voir le Palais avec ces échafaudages qu’on pourrait se poser la question de savoir de quoi il a l’air s’il n’y en avait pas."

La Ville de Bruxelles en tous cas ne les supporte plus. Alain Courtois, le premier échevin, veut dès lors que ces échafaudages soient recouverts d’une bâche avec la photo du Palais, comme c’est le cas notamment pour les maisons de la Grand Place qui sont en cours de rénovation. " Il est temps de faire quelque chose. Le Palais de Justice, ça ne va pas du tout. C’est un chantier perpétuel. Ça ne peut plus durer ! C’est un bâtiment emblématique de la capitale, et on ne parvient pas à le rénover, même pas la façade avant. C’est invraisemblable. Le Bruxellois ne comprend plus cela. Alors, allez expliquer la situation à un touriste qui passe par là et qui voit cette place pratiquement à l’abandon avec ce Palais à l’abandon. On se demande où on est ! "

Alain Courtois a contacté plusieurs partenaires privés prêts à financer intégralement la bâche en échange d’un espace publicitaire limité. Deux candidats sont encore en lice dont un fournisseur d’énergie. Ils devront débourser 112 000 euros. La Ville devrait trancher avant la fin de l’année et espère que la bâche pourra être installée au mois de février de l’année prochaine.

Sauf que le bâtiment n’appartient pas à la Ville mais à l’État et c’est la Régie des Bâtiments qui le gère. Cette dernière doit donc donner son autorisation. Un permis d’urbanisme doit également être délivré par la Région.

Quoi qu’il en soit, si ce projet de bâchage se concrétise, Luc Hennart sera le premier à s’en réjouir. " Ça ne manque pas d’allure, ça ne peut que faire du bien à la vue ". Mais il insiste, il ne faut pas non plus que cela devienne un cache-misère à long terme. " Si vous avez une très belle bâche mais que derrière, il n’y a rien qui se passe, alors on n’aura pas apporté de solution et peut-être qu’un jour nous n’aurons plus qu’une bâche et plus rien derrière ! ". La Ville est aussi de cet avis. La bâche n’est qu’une première étape. Il est temps, dit Alain Courtois, qu’un ministre de la justice se penche sérieusement sur le dossier !

Selon la Régie des Bâtiments, qui n’a pas donné suite à notre demande d’interview, un cahier de charge est en cours de rédaction en vue de la rénovation des façades dont des morceaux tombent régulièrement. Selon les plans, les travaux de la façade côté Poelaert doivent débuter en 2017. Ils devraient durer deux ans et demi si tout va bien. Il est donc prévu d’enlever les échafaudages sur cette façade fin 2019. Les autres façades devraient être rénovées dans la foulée au même rythme que la première. Mais tout cela donc, c’est encore de la théorie.

Pierre Vandenbulcke

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