Les Doms de Syrie, une population peu connue présente à Bruxelles

Pour les Doms "La mendicité fait partie des activités traditionnelles, c’est une occupation et ils la revendiquent comme telle".
Pour les Doms "La mendicité fait partie des activités traditionnelles, c’est une occupation et ils la revendiquent comme telle". - © Tous droits réservés

A Anderlecht, en fin de semaine dernière, une bagarre éclatait près du Parc de la Rosée, elle avait mis en lumière des tensions entre réfugiés syriens. La police avait évoqué un conflit impliquant des "Roms" de Syrie. Hors, les Syriens qui fréquentent le parc dans le quartier Curreghem ne sont pas des "Roms" mais bien des "Doms" une population relativement nouvelle à Bruxelles.

Doms et pas Roms

Les Doms qui ont pris l'habitude de se réunir à Anderlecht sont Syriens, ils ont fui la guerre. Mais il y a des Doms ailleurs au Proche et au Moyen Orient, au Liban, en Jordanie, en Palestine et en Turquie, explique Bruno Hérin, linguiste et spécialiste de ces populations :

"Ils ressemblent aux communautés Roms parce qu’ils ont le même profil occupationnel qui est l’itinérance et la spécialisation dans des économies de niche."

Comme les Roms, les Doms ont de lointaines racines en Inde. Leur langue, le Domari est d'ailleurs une langue indo-européenne qui n'a rien à voir avec l'Arabe parlé en Syrie, même s'ils connaissent cette langue également. D’origine nomade, à Bruxelles ils vivent dans des logements souvent insalubres, parfois avec une aide sociale. Ils mènent des activités économiques de niche, du commerce, des activités de débrouille, parfois de la mendicité avec ou sans enfants.

"La mendicité fait partie des activités traditionnelles, c’est une occupation et ils la revendiquent comme telle", ajoute le chercheur

Des siècles de discrimination

Les enfants sont peu scolarisés et les mariages très précoces, parfois vers 13 ou 14 ans, ils se font exclusivement entre Doms. Il y a une méfiance vis-à-vis de l’extérieur, après des siècles de discrimination:

"Que ce soit au niveau scolaire, au niveau de l’emploi, de l’accès aux habitations, tout ce que l’on observe  à propos des Roms européens , on le retrouve également pour les Doms dans les pays du proche et du Moyen-Orient ", précise encore Bruno Henin.

Les équipes sociales de la commune d'Anderlecht sont face à un défi complexe aujourd'hu : établir une confiance et maintenir des relations paisibles dans un quartier qui compte plus de 100 nationalités, et amener peu à peu ces familles aux coutumes très différentes à suivre les obligations belges, comme aller à l'école et se marier plus tard.

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK
JT 19h30
en direct

La Une

JT 19h30