Les dépanneurs namurois ne veulent pas baliser les routes à la place des policiers

Pas contents les dépanneurs de la province de Namur!

Dès le 1er novembre prochain, ils seront invités à tester une nouvelle mesure en préparation à la Région wallonne. Ils devront baliser eux-mêmes les routes en cas d'accident ou de dépannage... une tâche habituellement dévolue aux policiers ou aux pompiers.

La mesure pourrait ensuite être généralisée à toute la Wallonie. Mais le hic, c'est que la plupart des dépanneurs s'opposent catégoriquement à ce projet régional. Une concertation entre Région, police et dépanneurs a abouti à un échec, le 14 juin dernier. Et depuis, le blocage est total. 28 des 30 dépanneurs de la province de Namur bouderaient le projet.

Moyens humains et matériels 

A Courrière, Jérôme Loriers, dépanneur, ne veut pas entendre parler de ce projet. "Pour une intervention classique après un accident, il nous faudrait un véhicule supplémentaire et un homme supplémentaire afin d'effectuer le balisage sur route. Cela représenterait un coût important. Surtout s'il faut payer un ouvrier amené à intervenir la nuit ou un dimanche, par exemple".

Problème de formation

Par ailleurs, les dépanneurs estiment ne pas être formés pour baliser les routes. "C'est la police qui est formée pour canaliser la circulation et pour assurer le balisage. Les pompiers le sont aussi. Ce n'est pas notre cas! Nous ne sommes ni qualifiés pour ce genre de tâche, ni assermentés". 

Sécurité en question

Côté sécurité, les dépanneurs expliquent que leurs gyrophares oranges n'incitent pas les conducteurs à ralentir, ce qui les met en danger. "Contrairement aux feux bleus qui équipent les voitures de police, nos gyrophares oranges n'ont guère d'impact", souligne Jérôme Loriers.

Par ailleurs, les dépanneurs n'ont pas du tout envie de devoir ramasser des objets abandonnés sur la chaussée, comme des restes de pneus ou un matelas tombé sur la route. "Ce serait encore une mission supplémentaire qui n'a rien à voir avec notre métier".

Notons aussi que les dépanneurs contactés par les sociétés d'assistance déplorent une certaine lenteur et un manque d'information pour pouvoir intervenir rapidement sur le terrain. Enfin, la plupart d'entre eux ne veulent pas d'une facturation fixe imposée par l'administration, un fixe qui serait de 150 euros, quel que soit le type de dépannage.

Contactée ce jeudi, la directrice de Perex (Centre trafic de la Région wallonne) précise que la durée du test n'est pas encore déterminée. "Le test durera le temps qu'il faudra pour avoir des résultats représentatifs", souligne Caroline Pourtois.

 

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