Les chiffres du Hainaut: "De malade, le patient est devenu convalescent"

Les chiffres du Hainaut: "De malade, le patient est devenu convalescent"
Les chiffres du Hainaut: "De malade, le patient est devenu convalescent" - © Pixnio

Tous les signaux ne sont pas encore au vert, loin de là, mais la province résorbe son retard et présente des signes encourageants. Le tissu économique se transforme, les PME occupent de plus en plus de place. Mais le taux d'emploi reste faible dans le Hainaut, et le chômage des jeunes préoccupant.

C'est la dernière fois que le député provincial Gérald Moortgat prend la parole pour présenter les chiffres du Hainaut (il prendra sa pension en octobre prochain). Sans doute aurait il aimé n'avoir que de bonnes nouvelles à annoncer, des indicateurs à la hausse..."Ce n'est pas le cas...Mais cela va dans le bon sens", globalement, et c'est déjà ça.

Des raisons d'être optimiste

Le revenu moyen par déclaration est de 27 492 euros (chiffres 2016). Il a augmenté de 30% en 10 ans.

Le nombre d'indépendants est lui aussi en hausse (93 071). Cela représente presque un tiers des indépendants de Wallonie. On assiste à une véritable envolée des professions libérales. Le nombre de commerçants est par contre en diminution.

La province de Hainaut compte plus de créations d'entreprises que de faillites. Près de 28 000 entreprises ont leur siège dans le Hainaut. Il est intéressant de noter un "glissement" vers des entreprises de taille de plus en plus réduite. Il y a 15 ans, 42% des entreprises hennuyères embauchaient plus de 200 travailleurs. Elles ne sont plus que 22% à donner du travail à autant de monde. Les PME constituent une part de plus en plus importante du tissu économique. Quant aux exportations, elles représentent un volume de presque 11 milliards d'euros : le Hainaut occupe la première place en Wallonie et vend surtout des produits chimiques, de l'alimentaire, des machines, du métal aux pays étrangers.

Des défis à relever 

Trop peu de Hennuyers ont un travail, et cela se ressent au travers de plusieurs indicateurs.

Le taux d'emploi a beau avoir un peu augmenté, il reste bien inférieur aux autres régions du pays (54% contre 57% en Wallonie, 66% en Flandre).

Le nombre de bénéficiaires du RIS, le revenu d'intégration sociale, est, lui, en augmentation. C'est le cas partout en Belgique, mais chez nous l'augmentation est plus marquée, signe que la situation est plus difficile encore sur le front de l'emploi.  

Le chômage fait toujours figure de gros point noir du Hainaut. Pourtant, la plupart des communes enregistrent une baisse du chômage. Seules les communes de Celles, Quiévrain, Estinnes, Pont-à-Celles, Gerpinnes et Froidchapelle font moins bien à ce niveau en 2017 qu'en 2016. Mais les taux restent élevés. Farciennes et Quiévrain comptent 19.8% de chômeurs. A l'autre bout du classement, Mont de l'Enclus peut se réjouir de ne compter que 5% de demandeurs d'emploi.  

Quel diplôme garantira un emploi?

Les jeunes semblent avoir particulièrement du mal à trouver un emploi. Un jeune sur trois en âge de travailler n'a pas de job. Ce qui place le Hainaut en mauvaise position, lorsque l'on compare notre province à d'autres régions d'Europe. Le Hainaut occupe la 62ème place, sur 325 régions évaluées...(la 325ème étant la mieux classée).

Parmi les pistes de redressement, pour endiguer ce chômage des jeunes, Gérald Moortgat relève "la formation. Il suffit d'examiner les statistiques concernant les diplômes des demandeurs d'emploi. On constate que ceux qui n'ont pas de travail ont en majorité peu de qualification, ou des diplômes généralistes : un diplôme du secondaire par exemple. En revanche, les jeunes qui sortent de filières qualifiantes, qui ont appris un métier, ou qui ont un diplôme du supérieur trouvent beaucoup plus facilement un emploi".

Le coût du logement

Pour acheter sa propre maison, son terrain à bâtir, les Hennuyers doivent de plus en plus se serrer la ceinture.

Le coût des maisons, et des terrains, a véritablement explosé, quand on compare avec ce qu'il en était autrefois.

En 1990, une maison s'achetait en moyenne 32 000 euros. Il faut compter aujourd'hui 132 000 euros pour la même maison. Il y a 30 ans les terrains à batir se vendaient pour une bouchée de pain. 12 euros du mètre carré en moyenne, contre 50 euros, à l'heure actuelle! Bien sûr, il faut mettre en perspective ces chiffres. Car les revenus, les salaires, le PIB: tout cela a augmenté. Mais dans une moindre mesure, pas autant que les prix de l'immobilier. C'est ce qui explique que les habitants du Hainaut ont plus de difficultés qu'avant à acquérir un logement.

Signalons que cette tendance se ressent aussi ailleurs dans le pays. Plus fort encore. En Flandre, en 1990, le prix des terrains était de 23 euros du mètre carré. Il se négocie aujourd'hui autour des 179 euros du mètre carré. Une augmentation considérable. + de 600%! Voilà qui explique aussi pourquoi certains Flamands viennent élire domicile dans le Hainaut..

 

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