Les cartes postales s'accrochent et résistent face au numérique

Réseaux sociaux, photos numériques, courriels et SMS... Dans cet océan virtuel, une petite île de papier résiste : les cartes que l’on s’envoie en vacances n’ont pas dit leur dernier mot.

Elles faisaient voyager par procuration ceux qui restaient au pays. Mais aujourd’hui, les plages et les montagnes décorent de moins en moins nos frigos et cheminées. "Je crois que la carte postale est en voie d’extinction. Mais, c’est toujours un plaisir de l’envoyer quand même. Ça reste un souvenir", explique une passante croisée dans les rues namuroises. "Moi personnellement, je fais un appel Skype ou j’envoie un mail. Je n’ai jamais envoyé de carte postale", explique un autre.

Pourtant, dans l’office du tourisme de Namur, une trentaine de cartes sont toujours en vente, résistant au temps du changement. Parmi les plus prisées, les fraises de Wépion et les multivues. "Le Parlement wallon éclairé de nuit avec à l’arrière la citadelle est fortement demandée aussi", explique Nathalie Godefroid, conseillère en séjour. En effet, de plus en plus de touristes sont désireux de repartir avec une carte postale de Namur. D’ailleurs, les ventes sont en hausse de 30% cette année.

Je vends entre 120.000 et 140.000 cartes postales par an

Pour Christian Collet le commerce est florissant. Il est "rapporteur d’image" pour carte postale depuis 10 ans. "Je rapporte des instants choisis qui me parlent, avec une belle lumière", explique le photographe. "Je fais aussi des photos que j’associe avec une citation. Parce que la photo m’a inspirée quelque chose à dire". Il vend jusqu’à 140.000 cartes postales par an et fait le processus seul, de la prise de vue au résultat final. "Au départ, je partais en reportage, aujourd’hui j’ai mon appareil photo en permanence dans ma voiture. Je suis à l’affût d’une lumière, d’un paysage. Ensuite il y a le recadrage que j’effectue dans mon studio. Un infographiste m’aide à mettre l’image sous forme numérique. Une fois le processus terminé, ça part chez l’imprimeur via internet. ". Le photographe distribue ensuite ses produits finis vers une trentaine de librairies, des boutiques touristiques ou bien directement dans les offices du tourisme.

Nostalgie ou souvenir concret ?

"Simplement, les gens ont besoin de toucher le papier. Je pense qu’il rassure", confie Nathalie Godefroid.

A mi-chemin entre le numérique et le papier, il est possible également de personnaliser ses cartes postales. Bpost propose ce service depuis 2011. En juillet, ses utilisateurs ont ainsi envoyé plus de 100.000 cartes postales uniques.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK