Les cafards seront-ils bientôt "invincibles" ?

Les cafards seront-ils bientôt "invincibles" ?
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Les cafards seront-ils bientôt "invincibles" ? - © Tous droits réservés

Les cafards seraient-ils devenus invincibles ou sont-ils en passe de l’être ? La question est très sérieuse et est posée par une nouvelle étude américaine, de l’Université Purdue, située dans l’Indiana aux Etats-Unis. Les chercheurs ont mené des tests sur la blatte germanique, comme on appelle l’espèce de cafard la plus courante, au moyen de plusieurs types d’insecticides et leur conclusion est sans appel : les cafards deviendront bientôt impossibles à éliminer avec des pesticides.

On sait depuis longtemps déjà que certains insectes développent de génération en génération une résistance aux pesticides mais l’ampleur de cette adaptation et sa rapidité a surpris les chercheurs du monde entier : "La résistance à un insecticide en général a une cible bien précise et ça peut arriver, mais alors là on parle de résistance multiple ou croisée et donc ça veut dire plusieurs molécules de la même famille voire de plusieurs familles et ce qui est surprenant c’est la rapidité puisqu’avec une ou deux générations on se retrouve à avoir des insectes qui sont cinq à dix fois plus résistants aux pesticides ! Donc ça pose vraiment un problème à très court terme" nous explique Frédéric Francis, professeur d’entomologie (l’étude des insectes) à l’Université d’Agro-Bio Tech de Gembloux.

Une immunité que l'on retrouverait désormais chez plusieurs sortes d'insectes mais qui se transmet d'autant mieux chez la blatte qu'elle se reproduit à la vitesse de l'éclair et qu'il suffit de quelques individus pour relancer une colonie. Une seule femelle peut donner naissance donner à une cinquantaine voire une centaine de nouveaux individus. Or, au-delà de son aspect repoussant, le cafard peut poser un réel problème de santé publique : "ll y a deux aspects" poursuit Frédéric Francis, "le premier c’est le transport de toutes une série de bactéries et de micro-organismes comme la salmonelle par exemple qui provoque des désagréments au niveau digestif chez l’homme et le deuxième aspect c’est la problématique des déjections de cafards qui provoquent des allergies chez certaines personnes".

Des colonies de blattes de plus en plus résistantes, c'est aussi ce que constatent les professionnels qui ont l'habitude de s'attaquer à toutes sortes de nuisibles et notamment aux blattes. Davy Catherine est de ceux-là, il enfile régulièrement sa combinaison pour éradiquer différentes espèces problématiques mais s'il y en a bien une qui lui donne du fil à retordre ces dernières années c’est effectivement le cafard. Depuis des années qu'il fait ce métier, il se retrouve chaque fois face à des individus de plus en plus coriaces : "ce qu’on appelle des générations mutantes, c’est-à-dire des générations qui ont développé une résistance à nos produits et là effectivement on doit utiliser deux ou trois produits, trois ou quatre matières actives pour pouvoir avoir un résultat" nous confie-t-il. Heureusement, les professionnels comme Davy Catherine adaptent déjà leurs méthodes en combinant des pièges et des produits biologiques : "on essaie d’utiliser des produits de moins en moins nocifs, avec des rémanences les plus longues possibles. Mais il y a aussi tout un travail de fond, au niveau de la prévention, de l’hygiène, du nettoyage à faire de la part du client pour pouvoir avoir le résultat escompté". Ces méthodes alternatives sont souvent plus longues et plus onéreuses à mettre en place mais elles devraient devenir la norme dès lors que les insecticides de synthèse auront abouti à une impasse.

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