Les Binchois attendent avec impatience l'édition 2022 du Carnaval

En ce mardi gras, l'ambiance à Binche est un peu particulière : la ville a été décorée, mais ses rues sont plus calmes ce matin, alors que le souvenir du folklore de l'an dernier est encore présent dans les esprits des Binchois

Malgré l'absence des fêtes habituelles, l'ambiance que cherchent à créer les décors fait du bien à la population. C'est le cas pour Frédéric Ansion, Binchois et Gille depuis 40 ans. "Cela donne du baume au cœur des Binchois. On décore les locaux de société par des photos de nos différentes sociétés. La Ville de Binche a également installé pas mal de photographies aux quatre coins de la ville. L’affiche du Carnaval est aussi présente. Je pense qu’on a besoin de ça. Même si nous ne pouvons pas le célébrer, je pense que c’est important d’avoir ce visuel".

Cette année ce Binchois aurait dû fêter son 40ème Carnaval en tant que Gille. Désormais, il attend 2022 "avec impatience". Son Carnaval 2021 va se dérouler en petit comité, même si l'ambiance ne sera pas la même. 


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"On va le fêter dans la plus stricte intimité. On va partager une coupe de champagne, c’est certain, peut-être pas si tôt que les autres années. On ouvrira quelques huîtres aussi: c’est Mardi gras et il faut marquer le coup. Ce sera comme lors des fêtes de fin d'année: dans une intimité plus stricte et dans le respect des règles", raconte-t-il. 

 

La circonstance est en effet exceptionnelle : la dernière fois que le Carnaval n'avait pas eu lieu à Binche, c'était en 1945, à la fin de la Seconde Guerre mondiale. "Les deux conflits mondiaux ont fait que le Carnaval n’a pas pu avoir lieu pour des raisons évidentes, raconte Frédéric Ansion, passionné d'histoire locale. Ici, c'est une autre guerre, c’est une guerre contre un virus et on espère tous arriver au bout".

Le Binchois est aussi Président de la Société royale des Récalcitrants, la doyenne des sociétés de Binche, qui regroupe une centaine de Gilles et qui impose le chapeau obligatoire s’il ne pleut pas. Cette année, il ne ressortira pas ses plus beaux costumes. "Ils sont chez nos louageurs. Il s'agit de trois familles binchoises qui confectionnent les costumes chaque année: cette fois, ils garderont les costumes. Mais ils sont soutenus par des actions de solidarité, tant par l’administration communale que par d'autres sociétés de folklore et de carnaval", détaille-t-il.

Solidarité envers les secteurs touristique et associatif

S'il évoque des actions de solidarité, c'est que le secteur touristique et l'horeca binchois sont très impactés par les fermetures, d'autant plus que la plupart d'entre eux comptent sur le Carnaval pour faire tourner la boutique. En février, d'habitude, a ville accueille de nombreux touristes, notamment étrangers, puisque le Carnaval de Binche est reconnu comme patrimoine oral et immatériel de l'humanité par l'UNESCO.

"On espère que l'horeca va s’en sortir, parce que la Grand-Place de Binche regorge d’établissements, tavernes ou cafés, et le folklore à Binche n’est évidemment pas que le Mardi gras, c’est toute l’année. On espère donc qu’ils vont pouvoir tous s’en sortir et on est aussi solidaires avec eux", signale encore Frédéric Ansion.

Pour ce Binchois, le folklore est en effet très important. Cette année, il a remporté le concours d'affiches du Carnaval organisé chaque année par la Ville de Binche et a versé les 1500 euros gagnés aux trois groupes Jeunesse du Carnaval du Lundi gras


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"Les trois Jeunesses organisent des bals qui ont lieu avant le Carnaval. Cette année, en l'absence de bals, ils n'ont pas eu de rentrées. Les Jeunesses sont l’avenir de notre folklore, l’espoir des Binchois, donc il fallait les soutenir. Je ne faisais pas l’affiche à titre vénal"

Dans son affiche, le Gille a voulu représenter un cœur gros en noir avec le Carnaval en blanc. Le cœur y représente le "Plus Oultre" (du latin "plus ultra": plus loin), la devise binchoise reprise de Charles Quint: le symbole est noir, puisqu'il restera éteint cette année. "Et le carnaval de Binche est en blanc, signe de renouveau puisque le Mardi gras marque le passage d’une saison, de l’hiver à l’été", explique-t-il.

Frédéric Ansion espère alors que le virus passera vite, pour mieux profiter en 2022.

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