Les biens inscrits au patrimoine monumental de Wallonie ne sont pas protégés

La bâtisse datait du 18ième siècle. Elle était un témoin du passé de la commune.
La bâtisse datait du 18ième siècle. Elle était un témoin du passé de la commune. - © Capture d’écran.

A Profondeville, certains riverains appelaient la bâtisse "la Maison Blanche" ou l'ancien "Casse-Grain". Aujourd'hui, elle est démolie alors qu’elle était pourtant reprise dans ce qu'on appelle l’ "inventaire du patrimoine monumental de Wallonie ". Un paradoxe que beaucoup ne comprennent pas. En fait, cet inventaire n'est qu'une liste indicative. Il ne s'agit pas de bâtiments classés. Ils ne bénéficient donc pas de la même protection.

La vieille bâtisse du bord de Meuse qui vient d’être rasée à Profondeville figurait dans l’ "inventaire du patrimoine monumental de Wallonie". Une liste très large établie par l’administration et dans laquelle on retrouve aujourd’hui environ 30 000  biens ou sites considérés comme dignes d’intérêt.

Mais figurer dans cet inventaire n'est en rien une mesure de protection. Pour cela, il faut que le site en question soit inscrit sur la liste de sauvegarde et qu’il soit ensuite classé.

Des sites classés, il y en a près de 4000 en Wallonie. Et ceux-là sont bel et bien protégés, car leur intérêt régional est alors reconnu. Viennent ensuite les quelque 250 sites qui constituent le "patrimoine exceptionnel de Wallonie". Et puis, reconnaissance la plus prestigieuse : la liste du "patrimoine mondial de l’humanité", dans laquelle l’UNESCO a consacré cinq sites ou ensemble de sites wallons, comme la cathédrale de Tournai, les différents beffrois ou - plus récemment - les sites miniers.

Dans ce contexte, le bâtiment du 18ième siècle démoli à Profondeville était certes un témoin du passé de la commune, mais sa valeur patrimoniale a été jugée insuffisante. Ce qui n'a pas permis de le sauver.

Rudy Hermans

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