Les archives de la fonderie de cloches de Tellin acessibles à tous

A la veille de Pâques, on apprend que les archives de l'ancienne fonderie de cloches Causard-Slégers, de Tellin, sont désormais aux Archives de l'État à Saint-Hubert. Dernière fonderie en activité en Belgique, Telllin a fondu des cloches de 1892 à 1980.

Héritier de six générations de fondeurs de cloches tellinois, Philippe Slégers, a écrit en 2004 « Il était une fonderie ». Et il vient de faire don aux Archives de l'Etat des archives de l'entreprise familiale. Dès à présent, quelques 2500 dossiers, placés dans 125 boites, (courriers, croquis, bons de commande et factures) permettent d'écrire l'histoire de plus de 3800 cloches réparties dans toute la Belgique, sont désormais accessibles aux chercheurs.

Le 14 juin 1832, Charles Causard, fondeur de cloches originaire de Bassigny, dans le département de la Haute-Marne, livre à l'administration communale de Tellin, une cloche de 806 livres destinée à l'église paroissiale. Fondeur itinérant, la même année il décide de s'y fixer et d'y construire une fonderie de cloches. De Charles Causard à Georges II Slégers, en passant par Hyppolyte, Firmin, Adrien, Marie et Georges I Slégers, six générations de fondeurs vont se succéder à la tête de l'entreprise familiale. En près de cent cinquante ans d'activité (1832-1970), des milliers de cloches seront fondues à Tellin principalement à destination des églises et chapelles de Wallonie mais aussi du monde entier.

En partie par le truchement de missionnaires envoyés par leurs congrégations au-delà des océans, la renommée des fonderies Causard puis Causard-Slégers traversera les mers: au Canada, aux Philippines, au Congo notamment. Résumée en chiffres, l'histoire de la fonderie, ce sont d'abord des milliers de tonnes de bronze pour plus de douze mille cloches installées dans les clochers des - paroisses, les beffrois de nos cités, de multiples usines et auprès de nombreux particuliers. Le matériau pour écrire cette histoire ce sont plusieurs milliers de lettres, de croquis, de bons de commande et de factures rassemblés en autant de dossiers que de clients. Jusqu'en 1973, ces archives ont été conservées dans les bureaux de l'entreprise. En grande partie préservées de la poussière, de la fumée et des incendies, des faits de guerres, de la cupidité de fouineurs d'archives et des ravages des souris, avant qu'elles ne disparaissent sans laisser de traces, Philippe Slégers, fils de Georges II Slégers, le dernier fondeur wallon de cloches, les a récupérées et classées… pièce après pièce.

Avec l'intention de transmettre cette part d'histoire aux générations futures et compte tenu de la connaissance patiemment acquise à la lecture de chaque document, il en fait un livre, "Il était une fonderie", publié à compte d'auteur en 2004 et actuellement en cours de réimpression. Avec ce même souci de préserver cette part de notre patrimoine commun - pratiquement toute la Belgique est, quotidiennement, réveillée par une cloche venue d'Ardenne - il a décidé de faire don du fonds d'archives aux Archives de l'Etat à Saint-Hubert, avec pour mission de conserver les documents tout en permettant aux chercheurs de continuer à les étudier. En faisant l'histoire de l'entreprise familiale, Philippe Slégers n'a fait que planter le décor, à d'autres d'aller plus loin…Le processus de transfert des archives a commencé au premier semestre 2009. Philippe Slégers, avec la collaboration de ses petits-enfants, au gré des vacances scolaires, s'est chargé lui-même de dresser l'inventaire sur base d'une liste publiée en 2004, et de conditionner les archives en suivant les directives en vigueur au sein des Archives de L'Etat.

En deux ans de travail, quelques 125 boîtes (18 mètres d'archives), chacune comptant près d'une vingtaine de dossiers, un par commanditaire, ont été transférées à Saint-Hubert. A quelques jours de la fête de Pâques de cette année 2011, cette première partie du fonds est désormais accessible et, conformément au souhait du donateur, ouverte à la recherche.L'inventaire est disponible sur simple demande, par courrier électronique uniquement, à l'adresse: archives.saint-hubert@arch.be

RTBF

 

 

 

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