Les animaux de compagnie au chevet du confinement

Conséquence probable de la crise sanitaire, la SPA de Charleroi n’a jamais connu ses chenils aussi vides. C’est le constat dressé par Franck Goffaux, le directeur de la SPA de Charleroi : "d’habitude, nous avons en permanence entre 100 et 115 chiens dans les trois chenils. Depuis l’an dernier, l’un de ces chenils est totalement fermé. Nous n’avons plus qu’une cinquantaine de chiens. Et lorsqu’ils sont jeunes, jusqu’à trois ans, qu’importe la race, ils trouvent une famille d’accueil dans les jours qui suivent leur abandon." Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2019, 1796 chiens ont été recueillis. En 2020 presque 300 de moins. Et pratiquement tous les chiens recueillis ont été adoptés.

Le retour de boomerang

La crainte aujourd’hui, c’est "le retour de boomerang", comme le nomme Franck Goffaux. "On se dirige vers un déconfinement. On ne peut évidemment rien présager, mais on ne sait pas si tous les animaux qui ont été adoptés pendant le confinement ne vont pas tout à coup nous revenir." C’est le message qu’est venu délivrer Elio Di Rupo, ce lundi, en visite à la SPA de Charleroi : "Evidemment, notre travail premier pendant cette pandémie, c’est le sort de nos concitoyens. Mais les animaux aussi ont besoin d’affection et d’attention et il ne faudrait pas qu’après la crise, ils soient oubliés et à nouveau abandonnés".

La Wallonie en charge du bien-être animal

De passage à la SPA de Charleroi, le ministre-président wallon a tenu à rappeler le travail mis en œuvre au niveau régional pour le bien-être animal : "L’autre raison qui justifie ma présence, c’est la maltraitance animale – ndlr la SPA recueille aussi des animaux saisis par la justice pour maltraitance -. Ma collègue, Céline Tellier, ministre en charge du bien-être animal, effectue un travail important afin d’identifier ceux qui se rendent coupables de maltraitance afin qu’ils ne puissent plus mener d’activités en lien avec les animaux. J’ai rédigé avec les présidents de partis la note de politique générale pour la législature et le bien-être animal en fait partie. En tant que ministre-président, j’en suis le garant."

Un labrador

Elio Di Rupo avoue ne pas avoir d’animal de compagnie. "J’estime que pour avoir un animal de compagnie, il faut pouvoir s’en occuper. Mon travail, actuellement, ne me le permet pas. Je ne serais pas un bon maître. Mais quand je le pourrai, j’aimerais pouvoir adopter un labrador". On n’a pas demandé la raison de ce choix de race, ni la préférence au niveau de la couleur, mais on se souvient de Baltique, l’emblématique labrador femelle noire de François Mitterrand qui inspira une chanson à Renaud.

Le revers de la médaille

Comme le dit le directeur de la SPA de Charleroi, l'espoir ultime c'est de n'avoir plus le moindre animal a recueillir. La situation actuelle, réjouissante pour les animaux et leur bien être, a eu des répercussions sur l'emploi. En temps "normaux", la SPA emploie 18 personnes pour s'occuper de tous les animaux. 40 bénévoles renforcent cette équipe. Grâce ou à cause des abandons moins nombreux, une partie du personnel a dû être mis en chômage économique. Et c'est, paradoxalement, une bonne et une mauvaise nouvelle. 

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