Les Afghans de l'église du Béguinage craignent d'être délogés

Ils sont une trentaine d'hommes afghans à s'être réfugié dans l'église du Béguinage en plein coeur de Bruxelles. A la base, ils faisaient partie d'un groupe plus vaste : le groupe qui avait notamment entrepris une marche entre Bruxelles et Mons pour rencontrer le premier ministre, c'était en décembre 2013. A plusieurs, ils avaient ensuite décidé d'occuper le Béguinage et ce jusqu'en mars dernier. ils avaient alors été convaincu par les propositions du gouvernement qui les poussait à réintroduire leur demande... ce qu'ils ont fait!

Pour beaucoup d'entre eux, les choses se sont bien passées et les dossiers de demande d'asile ont été accepté. Les 30 hommes qui occupent l'église à présent sont en quelque sorte les déçus de cette vague de régularisation. "Il y a un an lorsque nous avons commencé les manifestations, nous étions 450, explique Bezat Hamidi, l'un des Afghans, pourquoi aujourd'hui, nous ne sommes plus que 30? Pourquoi environ 75% d'entre nous ont été régularisés?"

Sentiment d'injustice doublé d'une menace d'expulsion

Les 30 Afghans du Béguinage ne comprennent pas les critères de régularisation : " Je suis en Belgique depuis 5 ans, explique l'un d'eux, je viens d'une ville près de Kaboul, et apparemment c'est une région où il n'y a pas de danger. Mais alors pourquoi des soldats doivent sécuriser l'aéroport de Kaboul?".

Aujourd'hui, en plus de cette incompréhension, les Afghans sont sous la menace d'une expulsion de l'église qu'ils occupent. Ils ont reçu un courrier de la Fabrique d'eglise qui leur demande de quitter les lieux avant ce jeudi, s'ils ne s'exécutent pas, la fabrique les menace de les déloger. "La fabrique veut que nous partions, poursuit Bezat Hamidi, déjà depuis le 20 août, elle a coupé l'eau et l'électricité de l'église, nous devons partir, mais nous avons l'intention de rester ici!"

Le dialogue est donc au point mort, quant à Daniel Alliet, le prêtre du Béguinage, qui soutient les sans-papiers depuis des années, il explique que la décision émane de la fabrique d'église et non de lui, mais il la justifie "J'ai toujours été aux côtés des sans-papier, j'ai toujours soutenu leur combat et je leur ai toujours ouvert les portes de l'église. Mais l'occupation actuelle risque de desservir la cause, il y a deux mois, ceux qui occupaient l'église du Béguinage ont expliqué que l'occupation politique était terminée, aujourd'hui, ils ne sont plus que 30 et ce n'est pas assez pour mener un combat politique."

G. Fabré

 

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