Leblond coupable de prise d'otage, de meurtre et de tentative de meurtre

Orlando Leblond durant son procès aux Assises
Orlando Leblond durant son procès aux Assises - © Belga - Virginie Lefour

C’est vers 14 heures 45 ce mardi que le Président de la Cour d’Assises du Hainaut, Olivier Delmarche, a commencé la lecture du verdict au procès d'Orlando Leblond et consorts. Orlando Leblond a été reconnu coupable de prise d'otage, de meurtre et de tentative de meurtre. Ce verdict pourrait l'amener à écoper d'une peine de 20 à 30 ans de prison. Ludovic Fichof a lui été reconnu coupable de la prise d'otage et des braquages. Jessy Dupont et Logan Mary ont été acquittés des préventions de meurtre et de tentative de meurtre. Le débat sur les peines est prévu pour ce mercredi.

Le verdict de culpabilité est tombé aux Assises du Hainaut à Mons. Orlando Leblond a été reconnu coupable de la prise d'otage de Luc Monfort lors de son évasion de la prison de Huy le 18 juillet 2011. Le jury a retenu entre autres les aveux de l'accusé pour motiver sa décision. Il considère cependant que les faits n'ont pas entrainé d'incapacité dans le chef de la victime, celle-ci ayant repris le travail. Orlando Leblond a également été reconnu coupable de l'homicide de Karim Bourzami et de la tentative de meurtre de Florent Caldana à Anderlues, le 10 décembre 2011. La tentative de car-jacking n'a en revanche pas été retenue.

Le verdict pour les autres accusés

Jessy Dupont a été acquitté des préventions de meurtre et de tentative de meurtre, au contraire du recel et de la complicité dans certains vols. Dans leur motivation, les jurés ont estimé qu'avoir fournis l'arme et des munitions ne constituait qu'une aide accessoire, l'absence sur les lieux excluant la volonté de s'associer aux faits commis.

Ludovic Fichof a été reconnu coupable de prise d'otage et des braquages. Le jury estime que son rôle de guetteur a facilité à ce point la tâche de Orlando Leblond qu'elle a constitué une aide indispensable à la commission des faits. L'accusé a été acquitté de la prévention de meurtre et de tentative de meurtre.

Logan Mary n'a été reconnu coupable que du braquage commis à Anderlues le 11 décembre 2011. Le jury a estimé que nonobstant sa présence sur les lieux du meurtre et de la tentative de meurtre, n'étant pas armé et n'ayant pas encouragé Orlando Leblond a tirer, il n'y a pas participé.

La lecture de l'arrêt motivé par le président a nécessité plus d'une heure. L'audience reprendra mercredi matin avec les plaidoiries sur la peine.

Le jury avait entamé sa délibération vendredi après-midi à huis clos dans un hôtel montois.

Dimanche après-midi, après la fin de leurs travaux ils avaient rejoint, ainsi que les différentes parties, la salle d'audience. Le jury populaire avait remis son verdict au président de la cour d'assises mais la décision n'avait pas pu être communiquée, l'arrêt devant être motivé. L'enveloppe avec le jugement avait dès lors été scellée et enfermée.

Pour formuler ce qui les avait conduits à prendre leur décision les jurés avaient été à nouveau transportés sous escorte à l'hôtel, cette fois en compagnie des deux assesseurs et du président.

Six vols de voiture et 14 braquages en six mois

Depuis un petit mois que duraient les débats, nombreux étaient les avocats qui plaçaient Orlando Leblond au centre du procès. C'est vrai que c'est lui qui a tué Karim Bourzami ce matin de décembre 2011 suite au braquage d'une station essence d'Anderlues. C'est vrai aussi qu'il s'est évadé de la prison de Huy et a pris en otage un gardien de prison. C'est vrai encore qu'il est à la base des six vols de voiture et 14 braquages de commerces commis dans l'arrondissement de Charleroi entre juillet et décembre 2011.

Mais pour tous ces faits, Orlando Leblond avait toujours quelqu'un à ses côtés :
* Logan Mary, le soir du meurtre
* Ludovic Fichof, le jour de l'évasion et de la prise d'otage
* Jessy Dupont, qui l'a hébergé pendant sa cavale et était accusé, notamment, de lui avoir fourni l'arme du crime.

Pour l'avocat-général, ces trois accusés étaient plus que de simples complices. Ils étaient, disait-il, co-auteurs des faits et la différence était de taille. Sans leur participation, estimait le ministère public, tous ces méfaits n'auraient jamais pu être commis. Bref, pour l'avocat général, les quatre accusés formaient une association de malfaiteurs qu'il convenait d'appréhender dans son ensemble.

RTBF

Et aussi

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK