Le pénis de Saint-Gilles sera maintenu au moins un an

Le pénis de Saint-Gilles restera au minimum un an.
Le pénis de Saint-Gilles restera au minimum un an. - © Facebook

Conseil communal ce jeudi soir à Saint-Gilles. Avec, à l'ordre du jour, une interpellation citoyenne concernant le maintien du désormais mondialement célèbre zizi de Saint-Gilles. Apparu fin septembre sur un mur aveugle de l'avenue du Parc, ce pénis au repos a depuis fait couler beaucoup d'encre et susciter pas mal de commentaires. Pour les autorités communales, il s'agissait d'entendre le collectif ayant lancé une campagne pour la préservation de la fresque. Sa pétition a recueilli plusieurs milliers de signatures et une page Facebook a été créée.

Une demande de permis, par n'importe qui

Le bourgmestre a donc tranché et fait quelque peu marche arrière. Après avoir annoncé les premiers jours vouloir enlever rapidement l'oeuvre (dont on ne connait toujours pas l'auteur) pour la remplacer par une fresque urbaine plus consensuelle, Charles Picqué a déclaré ce jeudi soir que l'enlèvement sera à la charge intégrale du propriétaire, de même que son remplacement. Par ailleurs, il a invité les citoyens désireux de conserver définitivement le pénis d'introduire une demande de permis. "Cette oeuvre ne peut survivre que si elle s'inscrit dans un cadre urbanistique", expliqué Charles Picqué à la RTBF. "Une demande de permis peut être introduite par une personne morale ou physique sur le bien d'autrui. Après, en cas de délivrance du permis (NDLR: il faut compter une année entre l'introduction de la demande et l'obtention du permis), le propriétaire qui marque son désaccord peut encore contester le permis auprès des tribunaux."

Deuxième solution proposée par les autorités saint-gilloises: la conclusion d'un accord avec le propriétaire pour une autorisation temporaire d'une année. "Il s'agit d'une oeuvre temporaire, c'est du street art. Avec les pluies d'automne et l'hiver, la qualité de la fresque va se détériorer et on ne verra plus le pénis dans quelques mois. Ainsi, tout le monde sera d'accord et y trouvera son compte", estime Charles Picqué.

Dos à dos

Reste que pour le collectif, la question de qui va introduire un permis de régularisation se pose. "Ce conseil communal nous a juste montré que la commune met les protagonistes dos à dos", répond l'une des responsables du collectif. "Nous comprenons que le bourgmestre ait cherché un compromis mais cela reste kafkaïen." Lors du conseil, certains ont proposé le nom de Fadila Laanan (PS), ministre bruxelloise de la Culture, en tant que future initiatrice de la demande de permis

"Démission du bourgmestre" pour le cdH

Pour le cdH, qui milite depuis le premier jour pour l'effacement de la fresque, il s'agit d'une "marche arrière" évidente de la commune. "En fait, on ne sait plus ce que veut le bourgmestre. C'est un acte de démission", dénonce Vincent Henderick, chef de groupe cdH.

Pour le propriétaire, que la RTBF a pu joindre avant le conseil communal, "il est clair que l'enlèvement ne va pas sans un remplacement. Mais jusqu'à présent, malgré mes courriers, la commune ne m'a plus recontacté. J'ai pu trouver 2 000 euros pour procéder à l'effacement. Mais pas davantage sans soutien de la commune", explique le propriétaire.

Le pénis de Saint-Gilles a donc de beaux jours devant lui.

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