Le tribunal de commerce déboute l'asbl Wolu-Graphic

Les revers judiciaires s'accumulent pour Willem Draps, le bourgmestre MR de Woluwe-Saint-Pierre
Les revers judiciaires s'accumulent pour Willem Draps, le bourgmestre MR de Woluwe-Saint-Pierre - © Belga

Les revers judiciaires s'accumulent pour Willem Draps, le bourgmestre MR de Woluwe-Saint-Pierre. Le tribunal de commerce de Bruxelles a rejeté la demande de l'asbl communale Wolu-Graphic de mettre un terme aux activités du périodique Vivre à Woluwe, rédigé par un ancien employé communal.

 

C'est un épisode parmi d'autres du conflit personnel opposant le bourgmestre Draps à Patrick Rahier, autrefois éditeur responsable de WoluMag, le journal d'information officiel de la commune. Le tribunal constate l'absence de décision du conseil d'administration de l'asbl Wolu-Graphic pour autoriser l'action en justice. Une erreur juridique de débutant, qui se solde par un nouvel échec pour Willem Draps dans ce dossier.

Une erreur d’autant plus surprenante que Willem Draps est avocat de profession. Même s’il n’est formellement qu’administrateur de Wolu-Graphic, personne n’est dupe : c’est bien le bourgmestre qui était à la manœuvre dans cette tentative de mise à mort professionnelle de Patrick Rahier. C’est sans doute ce que l’affaire révèle de plus choquant. La lecture du jugement nous apprend en effet en quoi consistait réellement la demande initiale de l’asbl Wolu-Graphic. Il ne s’agit pas seulement de récupérer la marque " Vivre à Woluwe " ou d’empêcher la parution de ce périodique d’initiative privée, ce qui apparaît déjà passablement choquant dans le chef d’un mandataire libéral et démocrate, en principe partisan de la liberté de la presse.

L’asbl demandait aussi au tribunal d’ordonner à Patrick Rahier "de ne plus participer, sous quelque forme que ce soit, (…) directement ou par personne interposée, à tout périodique ou publication faisant l’objet d’une distribution sur tout ou partie du territoire de la commune de Woluwe-Saint-Pierre, ainsi qu’à tout site internet dont le contenu est en tout ou en partie axé sur l’information locale concernant Woluwe-Saint-Pierre". Quels que soient les griefs de Willem Draps envers l’ex-employé communal Patrick Rahier, on peut se demander ce qui justifie, dans une démocratie, une telle demande, équivalant ni plus ni moins à empêcher toute activité professionnelle de l’intéressé dans le domaine de la presse et de l’édition, n’importe quel journal ou revue étant en effet susceptible d’être distribué à Woluwe-Saint-Pierre.

Le feuilleton politico-judiciaire confrontant Willem Draps à Patrick Rahier n’est pas terminé pour autant. Au mois de mai, le tribunal du travail examinera la plainte de l’ancien éditeur responsable du journal communal contre Woluwe-Saint-Pierre pour licenciement abusif.

Philippe Carlot

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