Le totem de Compère doit quitter Auderghem mais n'a toujours pas d'emplacement à Schaerbeek

Le totem de Compère dans la Promenade Verte.
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Le totem de Compère dans la Promenade Verte. - © JHC Sculpture

C’est un totem de six mètres de haut en acier inoxydable satiné baptisé "Landscape". Son concepteur n’est pas n’importe qui : Jean-Henri Compère, artiste multi-casquettes à qui l’on doit notamment le monument hommage aux victimes des attentats de Bruxelles près du rond-point Schuman. Depuis l’année dernière, le totem "Landscape", qui présente un aspect déstructuré et imaginaire, doit quitter son emplacement actuel, la Promenade verte à Auderghem où il a trôné quelques mois dans le cadre de "P (art) cours", une exposition d’œuvres d’art en plein air organisée par les communes d’Auderghem, Woluwe-Saint-Pierre et Woluwe-Saint-Lambert.

Mais "P (art) cours" est fini depuis le 1er juillet 2018 et Bruxelles Environnement, gestionnaire du site, presse pour évacuer le totem. Un an après, rien n’est encore décidé.

Chaussée de Haecht, parc Josaphat, avenue Deschanel…

Auderghem n’est pas disposée à conserver l’œuvre, faute de moyens. Mais Schaerbeek est preneuse. Jean-Henri Compère habite la commune et souhaiterait "privilégier le rayonnement culturel de la cité des Anes", comme il l’explique à la RTBF. Mounia Badrane, son agente, confirme. "Mais il faut déplacer l’œuvre, volumineuse et lourde avec son socle qui pèse 1,3 tonne", explique celle-ci. Le coût de cette opération est estimé à 17.000 euros. Auderghem et Schaerbeek acceptent de prendre en charge le coût et le transport. "On parle d'une aide logistique rien n’est encore passé au collège", confirme Sophie De Vos (DéFI), bourgmestre faisant fonction d'Auderghem. Encore faut-il trouver l’emplacement idéal dans la cité des Ânes.

C’est là que ça corse. Première proposition : le rond-point entre la chaussée de Haecht et l’avenue Britsiers. Hic : il s’agit d’une voirie gérée par la Région bruxelloise. Si Pascal Smet (one.brussels-S.PA), ministre sortant compétent a d’abord marqué un accord de principe, il a fait marche arrière. Deuxième option : le parc Josaphat. Mais l’espace vert centenaire est classé et l’installation du totem implique un avis du service des Monuments et Sites. Pas certain qu’un accord soit donné pour une œuvre moderne, en décalage avec les autres sculptures déjà présentes.

Coût de l’œuvre : 35.000 euros

"Nous avons également proposé l’avenue Paul Deschanel à la frontière avec Saint-Josse ou encore le rond-point entre les avenues Chazal et Cambier", détaille l’artiste. Mais chaque proposition impose la rédaction d’un dossier technique. "La pose d’une œuvre d’art sur un axe routier implique des répercussions en termes de perspectives, de mobilité…", ajoute Mounia Badrane. "Il s’agit également de respecter l’œuvre. Je souhaite donc également pouvoir donner mon avis quant aux propositions d’emplacements formulées par al commune", explique Jean-Henti Compère.

Enfin, si le déplacement d’Auderghem à Schaerbeek semble pouvoir être financé, quid de l’acquisition de l’œuvre ? Son prix est estimé à 35000 euros. "L’œuvre ne doit pas nécessairement être acquise", nuance l’agente. "Elle peut être installée à un endroit pendant une durée convenue avec la commune avec ou sans acquisition à terme." Mais à l’heure des restrictions budgétaires, pas sûr que la facture fasse plaisir aux élus locaux schaerbeekois.

Appel aux autres communes intéressées

"Nous restons ouverts à toutes propositions d’autres communes même si notre cœur balance pour Schaerbeek où j’ai moi-même ma galerie d’art", ajoute Mounia Badrane. "Ce serait vraiment dommage que l’œuvre ne puisse pas y être installée ou qu’elle finisse dans un hangar, à l’abri du regard du public."

Marc Weber, chef de cabinet du bourgmestre de Schaerbeek Bernard Clerfayt (DéFI), tient à rassurer les artistes : "Nous voulons rapidement trouver une solution. Il serait inconcevable que le totem finisse dans un hangar. Quant au coût d’acquisition, si un mécène est prêt à l’offrir à la commune, nous ne serons évidemment pas contre. Car si les budgets sont absents, la commune veut mettre en valeur ses artistes."

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