Le tir à l'arc dans les bois, le sport qui monte en flèche

Brieu, 24 ans, participe pour la deuxième fois aux championnats du monde de tir 3D
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Brieu, 24 ans, participe pour la deuxième fois aux championnats du monde de tir 3D - © RTBF

Un parcours dans les bois, un arc, des flèches et des animaux en mousse en guise de cible. C’est le concept du tir à l’arc 3d. Longtemps méconnue, la pratique née il y a une vingtaine d’années, commence tout juste à se développer. Ce week-end, les amateurs de la discipline étaient réunis sur le site de l’ancienne carrière de Comblain-au-Pont, pour une compétition.

" Vous voyez, là-bas c’est un chamois ", indique Michel Friesschen, le président du club de Comblain, en pointant son doigt en direction d’une silhouette lointaine. A trente mètres de distance, le trompe-l’œil fait son petit effet. " On a aussi des hiboux, un renard et même un crocodile, qui s’est échappé du zoo ", s’amuse ce mordu de tir à l’arc. Autant d’animaux en mousse, surprenants de réalisme, qui servent de cibles aux compétiteurs du jour.

Il faut juste être calme et concentré

Les règles de base sont plutôt simples à comprendre : le tireur passe de cible en cible, " quand il arrive au piquet de tir, il a une minute trente pour tirer deux flèches ".

Laurine, 13 ans, vient de décocher ses deux flèches sur une cible indéterminée. " Un cerf, un daim, ou quelque chose comme ça ", hésite la jeune fille. Sur ses deux flèches, l’une a atterri droit dans le mille. Deux ans d’entraînement pour en arriver là. Laurine a tout de suite accroché avec son nouveau sport : "c’est pas trop difficile, il faut juste être calme et avoir de la concentration. "

Mais la discipline séduit en fait plutôt des adultes débutants, comme Antoine. Lui aussi a commencé il y a deux ans. " Ça m’a transporté ! Il faut avoir de la force mais être détendu en même temps. On est toujours en train de rechercher cet équilibre, sinon on a vite fait de tirer à côté. Et c’est un moment que j’adore ".

Longtemps confidentiel, le tir à l’arc 3d a de plus en plus d’adeptes. Depuis deux, trois ans le nombre de pratiquants monte en flèche.

C'est une discipline qui prend de l'ampleur 

Le sport a d’ailleurs ses championnats du monde, tous les deux ans. Les prochains auront lieu au début du mois de septembre, au Canada. Quelques Belges, les tireurs les plus aguerris, y participent. Il y aura par exemple Brieu, 24 ans, un rien nerveux. " Je travaille à côté mais j’essaie de m’entraîner au maximum pour bien porter les couleurs ". Porter les couleurs de la Belgique mais aussi faire connaître son sport, encore trop peu connu selon lui. " C’est dommage, mais je crois que c’est une discipline qui prend de l’ampleur et qui attire de plus en plus", veut-il croire.

Serge Verrier, est lui beaucoup moins optimiste. Son nom est bien connu, dans le tout petit milieu. Lui a déjà participé à plusieurs compétitions internationales, il a même réussi dans le passé à décrocher une médaille en championnat du monde. Cette année, il a bien été qualifié, mais cette fois, il n’ira pas. Un peu " parce que financièrement ça n’est plus possible de suivre ", un peu par défi aussi.

3000 euros pour le billet d’avion, le logement, la participation, 300 euros pour la tenue officielle belge, obligatoire. Voilà quelques dépenses auxquelles devront faire face les tireurs qualifiés. Des sommes qu’ils devront payer de leur poche, sans aucune aide.

Qui va s’intéresser à quelqu’un qui tire tout seul dans les bois ?

Assez pour dissuader le tireur de haut niveau, déçu de ce manque de soutien : " à partir du moment où un sport ne représente pas un intérêt financier, ça n’intéresse personne. Qui va s’intéresser à quelqu’un qui tire tout seul dans les bois ? " Pourtant, selon Serge Verrier d’autres archers européens sont bien mieux considérés que lui. Il cite l’exemple de l’Italie et de la France. " Pour avoir été approché par la France qui voulait que je tire pour eux et que je m’installe en France, je peux vous dire que là-bas ça ne coûte rien. La fédération finance tout ".

Aujourd’hui une douzaine de clubs pratiquent la discipline en Belgique. Mais jusqu’ici, aucun Belge n’a décroché le titre de champion du monde.

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