Le Styx, plus petit cinéma de Belgique, sans doute bientôt vendu

Le cinéma Styx, depuis 50 ans à Ixelles
Le cinéma Styx, depuis 50 ans à Ixelles - © Rtbf

Depuis 50 ans le petit cinéma "Le Styx" fait partie du paysage culturel bruxellois. Situé depuis 40 ans rue de l'Arbre Bénit à Ixelles, le plus petit cinéma du pays avec ses deux salles d'une trentaine de places chacune, a d'abord été créé pour diffuser les films belges, tous genres confondus.

Au fil des années, la création de Claude Diouri s'est orientée vers la programmation des grands classiques du répertoire, puis vers les films de genres, comme la science-fiction et le fantastique. Malgré ses 15 à 20 000 spectateurs annuels, le Styx n'est pas rentable.

Les subventions de la commune d'Ixelles et de la Fédération Wallonie-Bruxelles ne suffisent pas non plus à combler le déficit d'exploitation. Jusqu'à présent, Claude Diouri avait toujours bouché les trous grâce aux bénéfices de sa société de distribution de films. Mais aujourd'hui, les installations du Styx sont complètement obsolètes.

Ce qui explique l'affiche "fermé pour raisons techniques" qui ornent l'entrée du cinéma depuis le 30 juin de cette année. Pour passer au numérique, Claude Diouri devrait investir quelque 80 000 euros. Un montant qu'il ne trouvera ni auprès de pouvoirs publics désargentés, ni auprès des banques. Et l'homme, en vrai passionné, se refuse à poursuivre les séances avec le matériel actuel.

"J'estime que c'est voler les gens que de leur projeter un DVD qu'on achète dans le commerce pour 5-6 euros. Et leur faire payer 5 euros pour voir un film, pour faire plaisir au Styx, ce n'est pas ma nature, ce n'est pas moi".

Sans solution, Claude Diouri devra se résoudre à céder le bâtiment. Il dit avoir accepté de vendre à un jeune homme d'affaires français, aimant le cinéma, sans pour autant avoir, à ce stade, signé quoi que ce soit.

L'acheteur aurait exprimé son intention de conserver l'enseigne ainsi qu'une des deux salles de projection, celle située au premier étage de l'immeuble. Au rez-de-chaussée s'installerait un commerce. On le voit, nous n'en sommes qu'au stade des déclarations d'intention, et rien ne permet de dire ce qu'il adviendra du Styx une fois la transaction conclue, si elle se conclut.

L'avenir s'annonce sombre. Les petits cinémas de quartier à Bruxelles sont morts les uns après les autres.

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