Le soldat wallon Fiévez est mis à l'honneur en Flandre, la famille pardonne

La famille Fiévez
La famille Fiévez - © Laurent Dupuis

Originaire de Calonne le soldat Amé Fiévez est tombé sur le champ de bataille en 1917, aux côtés des frères Van Raemdonck. Le Mouvement flamand érigera les frères en mythe. Amé, royalement ignoré, sera finalement mis à l'honneur lors du pèlerinage de l'Yser ce dimanche.

Pierre Fiévez, 73 ans, et son épouse Germaine Pattyn-Fiévez, 68 ans, habitent la maison familiale des Fiévez, sur la place Stalingrad à Calonne, dans l'entité d'Antoing. Ce dimanche, ils se rendront au pèlerinage de l'Yser où l'on rendra hommage à Amé Fiévez.

Ce soldat wallon est tombé sur le champ de bataille, aux côtés des frères Van Raemdonck, Frans et Edward. Le Mouvement flamand créera un mythe : celui des corps des frères retrouvés enlacés. Une vérité volontairement tronquée. Amé, lui, a été royalement ignoré. Au début, et durant de longues années, son nom ne figurait même pas dans la crypte de la tour de l'Yser. L'humiliation pour la famille Fiévez, qui se rendait toutefois au pèlerinage, pour honorer la mémoire Amé...

Mais ils se trouvaient bien seuls. " Trop de Flamingants ", soupirent Pierre et Germaine. Alors, ils n'y sont plus allés depuis 1967.

Alors, quand le comité organisateur a contacté la famille pour faire part de leur projet, c'était un niet catégorique. " Je les ai envoyés promener ". Tracassé, le couple a quand même fouillé dans le grenier et il a mis la main sur des photos d'époque d'Amé.

Le comité organisateur a rappelé et a rassuré le couple Fiévez : les Flamingants ne sont plus là.Les tranchées entre Flandre et Wallonie se referment... " Amé a quand même combattu comme les autres. Toute cette histoire, cela a fait très mal à la famille. Ce n'était pas juste. Cette reconnaissance, cette mise à l'honneur arrive un peu tard car Auguste, le frère d'Amé, aurait voulu voir cela, mais il est décédé en 1988. Mais nous pardonnons... Le passé, c'est le passé. "

Au pèlerinage de l'Yser, les Fiévez seront accompagnés par le bourgmestre d’Antoing, Bernard Bauwens (PS). " Cette reconnaissance est un vrai symbole, une main tendue vers la Wallonie ", note le maïeur, qui prononcera en néerlandais et en français un discours de tolérance et d’ouverture, avant de céder la parole à Jan Peumans (N-VA), président du parlement flamand.

Laurent Dupuis

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