Le salaire de nos élus locaux est-il assez élevé?

Affiches électorales de 2012
Affiches électorales de 2012 - © NICOLAS LAMBERT - BELGA

A partir de ce mercredi, et pour deux jours, les listes pour les élections communales doivent être déposées en Wallonie. À Bruxelles, les listes doivent être déposées ce week-end. Mais qui peut bien vouloir être bourgmestre ou échevin ? Pourquoi ? Par conviction, ou par goût du pouvoir peut-être. Mais pas forcément par appât du gain. La charge de travail est lourde, la fonction est précaire, et le salaire n'est pas mirobolant.

Combien gagne, par exemple, un échevin d'une petite commune de Bruxelles ? Prenons Woluwe-Saint-Pierre. Moins de 50.000 habitants. Notre journaliste Aline Wavreille a rencontré l'échevin Christophe De Beukelaer. Il est aussi patron d'une petite société.

Christophe De Beukelaer travaillait dans le privé. Et puis surprise des urnes, l'opportunité de devenir échevin s'est présentée: "J'ai longuement réfléchi, mais j'ai été conquis par l'idée de vivre une expérience toute différente et apprendre à connaître un nouveau monde, se souvient-il". Et pour une première expérience, son portefeuille de compétences est bien fourni: "Je gère la petite enfance, les crèches, la jeunesse, les seniors, la santé, le handicap, l'égalité des chances, les affaires sociales en général et puis l'informatique." Son mandat, il y consacre donc un mi-temps environ plus tous les à-côtés: "Je ne compte pas toutes les heures passées le week-end, en soirée, en représentation aussi, on sait que ça fait partie du job démocratique d'aller expliquer, d'être présent dans les associations, sur le terrain et tout ce temps-là, on ne le compte pas". Dans ces conditions, son salaire de 2250 euros net par mois, sans avantages - "J'utilise ma voiture personnelle, mon téléphone, mes communications ne sont pas remboursées, ni l'essence "- lui semble mérité. "Quand je compare avec des amis qui sont dans le privé, ils gagnent nettement mieux leur vie que moi". 

Ce salaire doit-il être augmenté ? C'est une question qui se pose souvent, selon Aurélie Thibault, chercheur à l'ULB. C'est même un enjeu majeur dans le cadre du débat sur le décumul des mandats. Un enjeu qui concerne particulièrement les bourgmestres: "Si on regarde tous les enjeux qui sont liés à cela, notamment la responsabilité pénale et le fait que les bourgmestres doivent être tout le temps disponible et sont en première ligne, cela mériterait de réfléchir à une revalorisation salariale. Idem pour les échevins, mais à nouveau ça dépend du portefeuille de compétences assumé." Parce que la taille du portefeuille des compétences est variable, l'investissement de chaque élu aussi.

Alors, il faudrait sans doute "clarifier tout cela", selon Aurélie Thibbaut, et veiller aussi à ces fonctions continuent à attirer, "au regard des responsabilités que cela incombe, au regard de l'incertitude liée à l'exercice d'un tel mandat puisque l'on n'a pas de stabilité d'emploi. Il faut questionner aussi la capacité à attirer les gens compétents pour assumer ce type de fonction. Quand je dis compétence, ça ne veut pas dire en terme de formation, mais il faut attirer des gens qui sont capables d'assumer ces fonctions et de diriger certains services de l'administration pour mener à bien la politique locale". 

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