Le Rubens "volé" par la France ne sera pas restitué

Plusieurs ministres avaient essayé, ces dernières années, de faire revenir le tableau à son emplacement initial: à savoir dans la cathédrale de Tournai, aux côtés de "La Délivrance des Ames du Purgatoire", qui fait partie de la même oeuvre de Rubens. Cette fois, la ministre française de la culture, Aurélie Philipetti, a répondu au Ministre-Président de la Communauté Wallonie-Bruxelles, Rudy Demotte: la France ne rendra pas le tableau. "Lors du Congrès de Vienne en 1815, après les guerres napoléoniennes, après la Révolution française, différents états se sont mis autour d'une table et on fait le compte de ce qui avait été volé pendant ces périodes, afin de les restituer", explique Joel Mathieu, conseiller du ministre Demotte. A l'époque, seule une des deux parties de l'oeuvre avait été restituée. L'autre se trouve toujours à Nantes, et devrait donc y rester.

Joost Vander Auwera, conservateur aux Musées royaux d'Art et d'Histoire à Bruxelles, connait bien cette question. Pour lui, on arrive un peu tard pour réclamer quoi que ce soit. "La Belgique a fait toutes les démarches nécessaires à l'époque. Et puis, en 1943, la déclaration de Londres, des alliés contre les nazis, a fait qu'on allait restituer tout ce que les nazis avaient pillé. Mais cela sous-entendait qu'on ne pouvait plus revenir sur tout ce qui s'était passé avant 1943 entre ces différents alliés, comme la Belgique, la France, les Pays-Bas..." La Belgique va proposer à la France de réfléchir en commun à des expositions temporaires de l'oeuvre complète, à Nantes et à Tournai. Mais les spécialistes déconseillent ce genre de transport: "Comme conservateur, je ne suis pas partisan de toujours déplacer les oeuvres d'art. Pourquoi ne pas plutôt faire un jumelage entre Tournai et Nantes, pour financer ensemble la restauration des tableaux? A notre époque, ce sont les visiteurs qui doivent se déplacer et pas les oeuvres d'art", ajoute Joost Vander Auwera. A plus forte raison quand le tableau est très grand et très ancien, comme c'est le cas ici.

Stéphanie Vandreck

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