Le retour en grâce de l'hydromel, un breuvage millénaire

Les abeilles dorment mais Xavier Rennotte s'active. Pendant l'été, c'était l'inverse. Dans son petit atelier de Gembloux, il vide des énormes seaux remplis de miel bio d'un peu partout en Belgique dans un fût. C'est la première étape de la production d'une boisson mythique: l'hydromel.

Cet apiculteur de la première heure consomme de l'hydromel maison depuis toujours mais il y a quelques années, il décide d'en faire finalement son métier: "L'hydromel est un excellent souvenir de ma jeunesse, j'ai toujours aimé le goût et la sensation, se rappelle-t-il. Alors j'ai concrétisé un rêve qui a mûri longuement, au point que mes amis n'y croyaient tout simplement plus et n'écoutaient qu'à moitié alors que moi je ne parlais que de cela".

Recherche constante

Son rêve est devenu réalité. Aujourd'hui il produit près de 4000 litres d'hydromel annuellement et propose d'autres produits évidemment centrés autour du miel. Mais pour y parvenir, Xavier Rennotte a avancé a tâtons pendant plusieurs années. L'hydromel, légendaire, boisson des druides gaulois, des Romains, mentionné par Aristote dans l'Antiquité, est en fait un illustre inconnu: "On ne savait rien, ce n'est pas une tradition bien référencée comme pour la bière et le vin qui ont historiquement supplantés l'hydromel. Alors j'ai beaucoup lu, j'ai fait des essais, je ne savais pas si je devais ajouter des sulfites ou encore pasteuriser. Beaucoup d'essais ont été nécessaires pour obtenir ce produit qui mélange une action de brassage, comme pour la bière, et levures vinicoles".

Respecter l'abeille et l'environnement

La petite entreprise a décidé bien naturellement de travailler avec du miel bio dans l'idée "d'introduire le moins de produits extérieurs susceptibles d'altérer la composition chimique de la boisson mais évidemment aussi de protéger les abeilles". Car à travers cette mise en avant d'un ancien, mais finalement très nouveau, produit apicole, Xavier Rennotte espère relancer l'intérêt pour les abeilles qu'il aime depuis son plus jeune âge et favoriser la protection de ces insectes mellifères dont les populations souffrent de nombreuses pratiques agricoles intensives.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK