Le "retour à la normale" peut aussi stresser le personnel des hôpitaux namurois

Les visites seront à nouveau possibles dès le 8 juin dans les hôpitaux CHR Sambre et Meuse et du CHU UCL
Les visites seront à nouveau possibles dès le 8 juin dans les hôpitaux CHR Sambre et Meuse et du CHU UCL - © Serge Otthiers

L'urgence liée au Covid-19 semble passée dans les hôpitaux de la province de Namur où on s'apprête à accueillir à nouveau les visiteurs. Ce sera dès le 8 juin et sous conditions. Mais après la crise, est-ce le soulagement pour le personnel? Pas vraiment... Dans la plupart des centres, les médecins, infirmiers, personnel d'entretien ont été mis à rude épreuve ces dernières semaines. Le retour à un travail "normal" est assez compliqué. "Pour le personnel il est extrêmement difficile de redémarrer", explique Didier Decamps, directeur médical du CHR Sambre et Meuse, implantation de Namur. "C'est presque plus compliqué de redémarrer les choses que de les interrompre. Les interrompre c'est facile, il suffit de se mettre en mode "urgence", de stopper les consultations... Mais les redémarrer demande un effort logistique assez intense".

Fatigue et stress

C'est que le personnel est fatigué, stressé. "Les gens sont épuisés, c'était quand même nerveusement très difficile", explique Didier Decamps. "Le fait de revêtir tous l'équipement entre chaque patient, de faire attention à chaque geste demandait beaucoup plus d'énergie que pour des patients non-Covid". Dans les hôpitaux du CHU-UCL Namur (Dinant, Mont-Godinne et Sainte Elisabeth) des cellules d'accompagnement ont même été mises en places. Emmanuelle Hellin, conseillère en prévention psycho-sociale, en est la responsable. "Je pense qu'on peut parler de fatigue et d'épuisement. Le secteur es soins de santé n'était déjà pas des plus reposant avant la crise. Certaines personnes étaient limite burn-out et pour elles cette crise a amené une charge de travail supplémentaire". Et du stress aussi lié au changement dans les tâches quotidiennes. "Certains ont changé d'équipe, ont été amené à faire des tâches qu'ils ne faisaient pas d'habitude. il y avait donc u stress sur la prise en charge des patients ou par rapport aux bonnes pratiques d'un service qu'on ne connait pas".

Trop de travail?

Le retour à plus de normalité n'est pas non plus toujours accueilli avec soulagement. "Il y a des craintes liées au fait qu'il n'y a pas de pause", explique Emmanuelle Hellin. "On était dans un rythme déjà extrêmement soutenu et on va passer à une activité dite normale sans avoir eu de moment pour souffler, pour déconnecter". Certains redoutent même une augmentation de la charge de travail liée aux équipements et aux mesures de protection. "C'est beaucoup plus contraignant. Pour certains métiers très techniques, comme l'endoscopie, ils doivent s'habiller presque comme des astronautes. Partout ils vont devoir tout désinfecter après chaque patient". Globalement certains redoutent qu'on leur demande le même travail qu'avant la crise, mais avec, en plus la charge des mesures de précaution. 

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