Le ramadan à 10 ans dans les écoles bruxelloises

Des élèves de 10 ou 11 ans ont souhaité faire le ramadan
Des élèves de 10 ou 11 ans ont souhaité faire le ramadan - © THIERRY ROGE - BELGA

Le constat est le même dans plusieurs écoles bruxelloises. Des élèves de cinquième ou sixième primaire ont exprimé, cette année, leur souhait de pratiquer le jeûne du ramadan. A dix ou onze ans, cette décision surprend. Pour les directions d'école que nous avons contactées, il s'agirait surtout d'élèves qui se lancent un défi, une manière que montrer que l'on fait partie du monde des "grands".

Dans cette école primaire communale de Schaerbeek, le directeur, Eddine Ouartan, en est encore surpris. Il y a, trois semaines, aux premiers jours du ramadan, il est appelé dans une classe de quatrième année. Un élève vient de faire un malaise. Il découvre alors que l'enfant est à jeun car il affirme faire le ramadan. En réponse à la question de savoir si d'autres élèves de la classe ont fait le même choix, plusieurs doigts se lèvent... Le directeur découvrira même que la moitié des élèves musulmans de cinquième ou sixième année sont dans le même cas. C'est la première fois, que cette pratique est suivie par des élèves aussi jeunes. 

Dans les jours qui ont suivi, Eddine Ouartan, a organisé une information dans les classes. Il y a rappelé l'importance d'adapter la pratique religieuse à l'âge et aux circonstances. Depuis, nous affirme-t-il, tous les élèves ont progressivement renoncé au jeûne.

Quant aux raisons qui poussent ces enfants à faire le ramadan, elles sont complexes. Une certitude, selon ce directeur, ce n'est pas une décision imposée par les parents. Il s'agirait plutôt d'enfants qui cherchent à se valoriser en pratiquant les codes des plus grands.

A Anderlecht, l'échevin de l'Enseignement, Fabrice Cumps, a aussi découvert cette année, l'ampleur du phénomène. "Tous les directeurs des écoles communales, m'ont relaté des cas semblables, on m'a même dit que quelques rares enfants de première primaire faisait le ramadan". Et cela l'inquiète car selon lui, il s'agirait plutôt d'une volonté des élèves de revendiquer une identité, une différence, ce que l'école ne veut pas défendre.

Michel De Herde, son collègue de Schaerbeek va même plus loin. Difficile de croire que les familles ne sont pas au courant. Il y aurait même, selon lui, une forme de "course" pour apparaître comme le meilleur musulman possible. Une surenchère dont les enfants seraient les victimes indirectes. Selon cet échevin, il y aurait actuellement un courant de pensée qui se répand à partir de la mosquée du Cinquantenaire. Ce courant se traduirait aussi en voilant des petites filles de 7 et 8 ans. 

A Anderlecht, comme à Schaerbeek, les écoles ont privilégié le dialogue et choisi d'éclairer les enfants (et leurs parents) sur les risques d'un jeûne pour des élèves de 11 ans. D'autant que cette année le ramadan coïncidait, en outre, avec une période intense de révisions et d'examens.

Elles rappellent aussi, que l'Exécutif des Musulmans de Belgique a dispensé les étudiants et élèves musulmans de jeûner pendant cette période. Une information relayée par les professeurs de religion islamique, avec un certain succès semble-t-il. La grande majorité des élèves auraient renoncé à poursuivre le jeûne après quelques jours.

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