Le racisme selon Bart De Wever

Dans un entretien accordé à l’émission Terzake de la VRT, le bourgmestre d’Anvers et leader de la N-VA a été interrogé sur le mouvement Black Lives Matter, ainsi que sur le phénomène de racisme en Flandre, et dans la police anversoise. Certains de ces propos étaient pour le moins marquants.

En 2016, la police d’Anvers avait été épinglée par le Comité P pour des faits de racisme envers des policiers issus de l’immigration. En 2018, deux policiers avaient été suspendus pour des faits similaires. Hier, trois anciens agents ont été condamnés à des peines de prison pour racisme et vol avec violence contre des personnes en situation irrégulière.

Malgré ces faits, il semble que l’image de la police anversoise est des plus favorables. D’après une enquête menée auprès de plus de 4500 Anversois, quelque 80% des sondés eux ont une image positive de leur police.


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Les plus sceptiques sont les jeunes de 16 à 24 ans qui sont près de 14% à avoir une opinion négative des forces de l’ordre de la ville. D’après Bart De Wever, cette dernière tendance est directement liée au fait que les jeunes sont plus souvent approchés par les agents.

Inégalité dans les contrôles

Selon l’enquête, les contrôles de la police sont inégaux selon l’origine des citoyens. Les jeunes Anversois issus de l’immigration sont deux fois plus nombreux que les Flamands dits de souche à affirmer faire l’objet de contrôles récurrents et d’un manque de respect de la part des policiers.

Face à cette inégalité, Bart De Wever évoque une situation très complexe. Pour lui, il est impossible de contrôler tout le monde de la même manière, car "les profils des suspects sont ce qu’ils sont". Il estime cependant que les interventions doivent toujours se faire de façon correcte et qu’une personne qui se fait contrôler doit pouvoir sentir qu’elle ne l’est pas injustement et qu’il existe une explication. C’est d’ailleurs dans le but d’améliorer la qualité des interventions que ce genre de sondage est, d’après lui, mené.

Le racisme à son niveau le plus bas

Dans l’entretien accordé à l’émission ‘Terzake’, Bart De Wever a également indiqué qu’il n’existait pas, d’après lui, de racisme structurel au sein de la police, ou même dans la société.

Selon lui, le racisme n’a ainsi pas atteint un niveau historiquement haut, mais plutôt historiquement bas. De Wever estime que nous sommes juste devenus plus sensibles à la problématique et que les faits remontent plus souvent qu’avant à la surface. Selon lui, le problème était bien plus grave dans les générations précédentes, une époque où le racisme était structurel, et où avoir des pensées discriminatoires était mainstream. Ce qui, d’après lui, n’est plus le cas aujourd’hui.

Les Flamands ne sont pas racistes

Les déclarations du leader des nationalistes flamands interviennent en plein mouvement " Black lives matter ", et alors que le débat autour des tests de discrimination à l’embauche et au logement bat son plein en Flandre.

Ces contrôles anonymes sont destinés à déterminer si des employeurs ou des agents immobiliers discriminent des candidats à cause de leur origine. Mais ils ont finalement été rejetés par le gouvernement flamand. Une bonne chose, selon De Wever, pour qui ces tests sont des méthodes à la ‘Big brother’qui mènent à l’humiliation des personnes contrôlées.

D’après lui, ces personnes n’agissent d’ailleurs que très rarement par racisme. Et il précise : "les Flamands ne sont pas racistes, mais ils ont un grand problème par rapport à l’identité et la diversité". Un problème qu’on ne peut, à ses yeux, résoudre à coups de cravache.

Pour De Wever, le débat sur le racisme est polarisant

En tenant ce genre de propos, Bart De Wever ne caresse-t-il pas les électeurs du Vlaams Belang dans le sens du poil ? Certains pourraient en tout cas le penser, alors que le dernier sondage sur les intentions de vote place la N-VA à 20%, contre 27% pour le Vlaams Belang.

Pour De Wever, cette situation politique est due au fait que la société est polarisée, par les médias notamment, et qu’on a toujours plus tendance à identifier les étrangers comme des victimes, et les allochtones comme des coupables. Un cercle vicieux qui, selon lui, engraisse les extrêmes, et qu’il faut de toute urgence briser.