Le propriétaire du mur au pénis de Saint-Gilles: "Une plainte? Pas sûr qu'elle aboutisse"

Le propriétaire du mur au pénis de Saint-Gilles: "Une plainte? Pas sûr qu'elle aboutisse"
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Le propriétaire du mur au pénis de Saint-Gilles: "Une plainte? Pas sûr qu'elle aboutisse" - © DR

La RTBF vous le révélait mardi: un pénis géant a été peint sur un mur aveugle de l'avenue du Parc, à hauteur de la Barrière de Saint-Gilles. S'en suit depuis une polémique sur l'opportunité de conserver ou pas cette fresque illustrant un sexe masculin au repos. Celui-ci a fait son apparition le week-end dernier, juste en face de l'Institut catholique des Filles de Marie.

La RTBF a pu entrer en contact avec le propriétaire du mur. Celui-ci tient à conserver l'anonymat "pour éviter d'être harcelé", explique-t-il. "J'ai découvert cette oeuvre comme tout le monde, ce mardi, via les médias. J'étais à l'étranger et j'ignorais que ce pénis avait été peint sur le mur de mon bien", raconte celui qui est propriétaire du 6 de l'avenue du Parc depuis plus de 15 ans.

"Je suis estomaqué et choqué"

Et celui-ci se pose des questions sur cet acte. "Je suis estomaqué. Alors oui, cette oeuvre est artistiquement réussie. Mais je suis choqué. Tout d'abord, par ce qu'elle représente. Elle me choque même si je savais que d'autres du même genre ont déjà été peintes sur des murs à Bruxelles, telle la femme en plein acte de masturbation place Stéphanie. Ensuite, parce que son (ou ses auteurs) a pu la réaliser sans qu'on ne le voit. D'autant que cela a dû demander plusieurs heures de travail.

De la pub ou une oeuvre plus consensuelle à la place

Alors, un retrait rapide de l'oeuvre est-il envisagé? "La commune de Saint-Gilles m'a contacté mardi. Nous en discutons. Je n'ai pas encore tranché. Pourquoi? Parce que se pose la question de qui va payer l'enlèvement? La commune dit ne pas avoir les moyens. Moi non plus. Par ailleurs, si c'est pour enlever ce pénis et retrouver quelque semaines ou mois plus tard une oeuvre aussi choquante voire plus choquante, cela ne sert rien. Ce mur va attirer d'autres graffeurs. Une discussion profonde doit donc avoir lieu avec la commune quant à la pérennisation de ce mur. Soit, on y installe des panneaux publicitaires - je sais que les communes sont réticentes. Soit on y fait réaliser une nouvelle oeuvre mais plus consensuelle."

Le collège tranche ce jeudi

Déposer plainte n'est pas non plus à l'ordre du jour. "Si on me dit que j'ai une chance de retrouver l'artiste, je veux bien. Mais j'en doute. Je ne veux pas me perdre dans les arcanes judiciaires pour ne rien obtenir en terme de réparations au final."

Ce jeudi, le collège de la commune de Saint-Gilles doit trancher quant à l'avenir de la fresque, en concertation avec le propriétaire.

Jeudi toujours, le collège de la Ville de Bruxelles cette fois doit décider du sort à réserver à la fresque sexuelle apparue elle aussi tout récemment rue des Poissonniers.

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