Le Projet Hipster/Muslim débarque à Bruxelles

Le Projet Hipster/Muslim débarque à Bruxelles
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Le Projet Hipster/Muslim débarque à Bruxelles - © Tous droits réservés

Et si on s'interrogeait sur les clichés, les étiquettes que l'on colle sur telle ou telle personne ? Si l'on s'interrogeait sur nos idées reçues? C'est ce que propose le projet Hipster/Muslim qui est déjà passé par Rotterdam, Amsterdam et Anvers.

Trois clichés géants ont été installés depuis mardi sur la Place de la Monnaie. On y voit 6 Molenbeekois, barbus. Des hipsters et des musulmans venus de la Zone du Canal. Pour le projet, ils ont échangé leurs vêtements.

Deux barbus qui échangent leurs vêtements 

D'un côté, il y a Samuel, il est Flamand, c'est un artiste qui travaille et vit à Molenbeek. De l'autre, Nabil, la vingtaine. Ils sont tous les deux Molenbeekois, ils portent tous les deux la barbe.

Pour le projet, ils ont échangé leurs vêtements. Nabil explique: " Moi j'ai apporté un tee-shirt marocain et un pantalon très large, parce que c'est là dedans que je me sens bien. Et j'ai du enfiler un tee-shirt rayé avec un jeans skinny, comme on dit." 

Un projet sur la stigmatisation

Derrière l'expérience, il y a cette envie d'interroger nos perceptions. Shirin Mirachor est à la base du projet: " La photo ne montre pas vraiment qui est qui. Et donc on peut se demander: si quelqu’un porte des vêtements islamiques, des vêtements traditionnels, est ce que je la vois différemment que quand elle porte des vêtements hipsters ? Comment expliquer que l'on colle des étiquettes négatives sur les musulmans, par exemple ils sont conservateurs et liés au terrorisme et que les hipsters, avec la même barbe véhiculent eux une image plus progressiste? C’est donc un projet qui porte un message plus large sur la stigmatisation dans la société d'aujourd’hui".

Déconstruire les clichés

Jouer, puis déconstruire les clichés, retirer les étiquettes que l'on colle de manière automatique sur tel ou tel groupe de personne, ou sous-culture. Eviter de ranger chaque personne dans une "boîte". Le projet propose de s'intéresser plutôt à chacune des personnes pour ce qu'elle est et renvoie les spectateurs à des portraits plus profonds des participants. Comme celui de Radie, il est danseur, travaille dans la publicité et est Musulman. Il espère que cette exposition "pourra changer les mentalités, ou au moins que cela amène les gens à se poser des questions, ce sera déjà la première étape et après, essayer de faire évoluer les choses pour la génération future".

Les clichés resteront un mois sur la Place de la Monnaie. Le site internet: do-you-get-me

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