Le projet du "Trident light" est gelé, au sud de Charleroi

Le tracé du trident light
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Le tracé du trident light - © RTBF

Qu’ont en commun Michel Daerden, Michel Lebrun, Michel Forêt, Philippe Henry ou encore Carlo Di Antonio ? Et bien tous les cinq ont été ministres wallons en charge de l’Aménagement du territoire et tous les cinq se sont cassé les dents sur le dossier du contournement Sud de Charleroi. Le remplaçant de Carlo Di Antonio dont le nom devrait être connu vendredi ne se frottera pas à ce dossier.

Lundi, la majorité PS-MR-Ecolo qui formera dans quelques jours le nouveau gouvernement wallon a présenté sa déclaration de politique générale 2019-2024. Dans celle-ci, on peut lire que le futur gouvernement n’entamera pas l’étude et ne réalisera pas de nouvelles voiries et d’extensions de voiries. Pendant cinq ans, donc le projet du trident light qui vise à trouver une solution à la saturation de la nationale 5 entre Couillet et Bertransart sera gelé.

Le dossier est vieux de plus de 40 ans. Les nombreux comités des quartiers concernés qui s’opposent depuis des dizaines d’années à ce projet autoroutier obtiennent donc un sursis d’au moins cinq ans. Sébastien Verhaven est à la tête de l’association Charleroi Respire qui a réuni une dizaine de comités de quartier. Ensemble,  ils ont énormément travaillé pour faire entendre la voix des riverains dans ce dossier : "Outre les sempiternels points de vue divergents, on a réussi à créer une convergence de visions au niveau des citoyens. On a relayé cette vision vers le monde politique. Ça a demandé pas mal de travail. Mais je pense qu’aujourd’hui, nous avons un résultat pour lequel nous pouvons être satisfaits".

Voici, à la page 68 de la déclaration de politique générale, le passage qui concerne explicitement et nommément le trident : 

Quelle solution pour désengorger la nationale 5 ?

Dans sa déclaration, la nouvelle majorité wallonne affirme vouloir travailler essentiellement à des solutions de mobilité douce et collective. Et dans ce cadre on pense évidemment au projet de bus à haut niveau de service, le BHNS. Un bus toutes les 10 minutes aux heures de pointe entre Loverval et Charleroi et circulant principalement en site propre.

Mais un autre combat va commencer pour les bourgmestres de Gerpinnes et Ham-sur-Heure-Nalinnes. Car pour l’instant la ligne n’est prévue, au sud, que jusqu’au rond-point dit "des statues" à Loverval, le rond-point de Ma Campagne. Or pour une vraie solution de mobilité, il faudrait, selon eux, qu’elle aille beaucoup plus loin.

Et pour le bourgmestre d’Ham-sur-Heure-Nalinnes, Yves Binon, la décision de geler le trident ouvre la porte à d’autres possibilités : "On peut aller plus loin et offrir des parkings de délestage au niveau de Tarciennes-Bertransart. Les gens monteraient alors dans le bus pour rejoindre Charleroi rapidement. Cela réduirait déjà sur un plus long tronçon le nombre de voitures qui empruntent la nationale 5 vers Charleroi. C’est cela la mobilité douce qui est souhaitable".

Définitivement fini, le Trident ?

Mais quoi qu’il en soit, pour Yves Binon, on entendra plus parler du "Trident". "Le projet est gelé pour cinq ans. Et je ne crois pas qu’on le ressortira dans cinq ans. Avec les obligations climat, avec la vie qui s’organise autour de la mobilité douce et les transports en commun, je ne crois pas qu’en 2024 on revienne en arrière en disant qu’on va remettre des voitures et des camions partout. Je crois que le gel du projet est une toute belle victoire pour restreindre les voitures dans les villes".

Archives JT: en octobre 2015, le gouvernement wallon se mettait d'accord sur le tracé du projet autoroutier du "Trident", au sud de Charleroi

Sujet JT de Danielle Welter, daté du 29 octobre 2015

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