Le port du masque obligatoire dans les commerces : "A Etterbeek, c'est entré dans les mœurs"

Le port du masque obligatoire dans les commerces: c'est ce que demande Marc Van Ranst.
Le port du masque obligatoire dans les commerces: c'est ce que demande Marc Van Ranst. - © KENZO TRIBOUILLARD - AFP

Le port du masque sera-t-il rendu obligatoire dans les commerces, partout sur le territoire belge ? Le Conseil National de Sécurité doit se réunir ce mercredi en vue d’amorcer une nouvelle étape du déconfinement. Mais du côté des experts, on presse pour que ce déconfinement s’accompagne de nouvelles mesures afin d’empêcher une nouvelle vague épidémique de coronavirus.

Il y a plus en plus de monde dans les magasins et il n’est pas toujours facile de respecter la distance d’1,5 mètre. Je suis en faveur de l’obligation du port du masque !

Le virologue Marc Van Ranst indique ainsi sur Twitter : "Dans cette phase de sortie, la foule dans les grands magasins et les magasins augmente progressivement et il n’est pas toujours facile de respecter la distance d’1,5 mètre. Je suis en faveur de l’obligation du port du masque dans les magasins." Il ajoute que l’injonction "Hautement recommandé" ne fonctionne pas. En tête, les rassemblements incontrôlés de centaines de jeunes le week-end dernier à Ixelles (Flagey) ou encore Anderlecht, avec non-respect des distances physiques et absence de masques.

Lors du confinement, plusieurs communes ont imposé le port du masque dans les commerces et aux abords. C’est le cas à Saint-Josse-ten-Noode, à Pépinster dans la région liégeoise, dans le Borinage dans les communes de Quiévrain, Dour, Hensies et Boussu… Mais aussi dans les trois communes qui composent la zone de police Montgomery, Etterbeek, Woluwe-Saint-Lambert et Woluwe-Saint-Pierre.

Lever la mesure ?

Vincent de Wolf (MR), le bourgmestre d’Etterbeek, a imposé le port du masque dès le samedi 2 mai sur les principales artères commerçantes locales : rue des Tongres (Mérode) et chaussée de Wavre (La Chasse). Bilan après sept semaines ? "Globalement, la mesure a été très bien suivie, à 98% je dirais", nous précise le bourgmestre. Une particularité dans cette zone : l’absence de sanctions en cas de non-port du masque. "C’était l’optique choisie, à savoir celle de la prévention. L’instruction qui avait été donnée à la police était de ne sanctionner que les personnes qui feraient preuve d’un refus violent de se conformer à l’ordonnance de police avec rébellion."

Selon le maïeur, porter un masque dans ces commerces est "entré dans les mœurs". "Tant les commerçants, que les passants que les riverains saluent notre initiative et nous félicitent. Les personnes ont également apprécié l’absence de sanctions", synonymes de contestations. "Je rappelle que les scientifiques ont soutenu notre mesure. Preuve certainement que cela a fonctionné : nous avons enregistré zéro contamination pendant deux semaines d’affilée dans notre commune."

Avec le déconfinement, la zone a envisagé de lever cette mesure. Mais patience et prudence… "J’en ai parlé il y a quelques jours avec mes collègues des deux autres communes. Nous verrons cela en fonction des décisions du Conseil National du Sécurité et du Conseil régional de Sécurité." Car si l’obligation du port du masque s’impose à tous, l’ordonnance restera effective.

Une commune n’est pas l’autre

Elle restera effective dans les trois communes dont les zones commerciales sont différentes. A Woluwe-Saint-Lambert, par exemple, on compte un grand shopping avec 130 enseignes. Le port du masque y est également obligatoire. Ce qui tranche avec des centres commerciaux bruxellois où le port du masque n’est pas obligatoire : Docks Bruxsel par exemple, le long du canal, sur le territoire de la Ville de Bruxelles. 

"Une commune n’est pas l’autre", commente Vincent De Wolf. "Mais nos décisions sont conformes à l’autonomie communale." Le bourgmestre relève également des configurations différentes. Docks Bruxsel présente des allées plus larges et des ouvertures permettant un renouvellement de l’air plus important. 

Olivier Maingain (DéFI), bourgmestre de Woluwe-Saint-Lambert, explique que "c'est d'ailleurs dans le shopping que l'obligation est la mieux acceptée. Les clients portent le masque spontanément. Dans les voiries commerciales, c'est différent, c'est plus variable. Nous sommes à 60, 70% de personnes qui le portent. Pour les autres, ces gardiens de la paix ou la police interviennent pour un rappel. Il n'y a pas de sanction, nous effectuons un travail pédagogique. Et en général, les gens ont déjà un masque sur eux et finissent par le porter." Olivier Maingain confirme par ailleurs qu'une évaluation de la mesure sera réalisée la semaine prochaine lors du prochain Collège de police.

L’obligation du port du masque dans les commerces décidée par plusieurs bourgmestres avait été critiquée fin mai par le ministre de l’Intérieur Pieter De Crem (CD&V). Pour lui, il s’agit de mesures qui vont trop loin. En Région bruxelloise, le ministre en charge des pouvoirs locaux Bernard Clerfayt (DéFI) a décidé de pas annuler les arrêtés des bourgmestres.

A Pépinster, le port du masque est obligatoire pour les plus de 12 ans depuis le 12 mai et jusqu’au 30 juin (pour le moment) : le non-respect de la mesure peut entraîner une sanction de 250 euros. A Dour, Hensies, Quiévrain et Boussu, une phase de répression a suivi une phase de sensibilisation.