Le Philharmonique de Liège participe à Nomad Play, le "karaoké" de la musique classique

Sylvain Cremers, hautbois 1er soliste de l’OPRL teste l’application en public.
Sylvain Cremers, hautbois 1er soliste de l’OPRL teste l’application en public. - © Maxime Dumoulin

Une application dédiée aux musiciens a vu le jour il y a quelques années : Nomad Play. C’est un peu le karaoké pour instruments de musique. Sans bouger du salon, l’app permet aux musiciens de faire partie d’un orchestre le temps d’une symphonie. Pour ce faire, des orchestres doivent jouer les œuvres, et celui de Liège en fait maintenant partie. On vous explique ?

L’application ouverte, plus de 400 œuvres sont à la disposition de l’usager. Ouvrons-en une au hasard : des partitions s’affichent. Plusieurs boutons sont disponibles : "play", la musique démarre ; "stop", elle s’interrompt ; "tempo", on peut ralentir l’air ; "aller à", on peut aller quelques mesures plus loin. Mais le bouton le plus important, c’est sans doute celui en bas, à gauche, isolé. Un instrument, choisi par vos soins au préalable, placé dans un petit cercle. Il est activable ou désactivable et permet en fait de jouer l’air avec l’instrument choisi, ou sans. Le but : vous permettre de vous s’immiscer dans l’orchestre. On le comprend : l’application est un outil pédagogique assez novateur.

Issue de cinq années de recherche, l’application repose sur un algorithme qui sépare les sources sonores. Il permet ainsi de soustraire n’importe quel instrument d’une source sonore.

L’OPRL met sa pierre à l’édifice

En cette fin d’année, l’Orchestre Philharmonique de Liège a décidé de mettre sa pierre à l’édifice. Sur les 400 œuvres disponibles, deux d’entre elles nous font pousser un petit "cocorico" car elles ont été enregistrées à l’OPRL. Il s’agit de la Symphonie "Héroïque" de Beethoven et de La Mer, de Debussy, disponible dès début 2020.

Pour l’OPRL, "C’est une manière supplémentaire d’évoluer avec son temps et d’utiliser les développements numériques d’aujourd’hui, sans se départir de son exigence artistique", assure Daniel Weissmann, directeur général de l’orchestre.

Mieux que mettre la musique à fond

Cette application, on pourrait croire que si elle n’existait pas il faudrait l’inventer. Mais à vrai dire, les musiciens s’en sortaient bien avant sa création. Sylvain Cremers, hautbois 1er soliste de l’OPRL teste l’application en public, ce lundi : "Avant, on prenait un disque ou un CD, on le passait à fond et on jouait l’instrument qui nous intéressait. Le problème, c’est qu’on avait tendance à l’imiter. Ici, on est immergé dans l’orchestre, c’est très intéressant".

L’OPRL voit aussi ce partenariat s’inscrire dans son travail pédagogique et son soutien à la formation professionnelle.

4.000 personnes conquises

Côté pratique, il faudra sortir le portefeuille pour profiter des services de Nomad Play. 10€/mois, environ pour accéder à l’ensemble du catalogue. Les œuvres sont aussi vendues à la pièce. A ce jour, plus de 4.000 personnes se sont laissées tenter.

 

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK